Tous ceux qui ont séjourné dans l’espace ont essayé de trouver des réponses à des questions fondamentales. L’une d’elles, bien sûr, concerne la vie extraterrestre.
« Peut-être que c’était un ovni. Mais il n’y avait rien de mystique, car deux personnes ont observé ce phénomène ». Vladimir Kovalionok
En mai 1981, Vladimir Kovalionok, à bord de la station spatiale Saliout-6, a vu par le hublot un objet étrange, de la taille d’un doigt. « J’ai été surpris qu’il vole en orbite », a-t-il déclaré. Cette chose rappelait par sa forme une navette (de tissage, NDLR) ou un melon. L’objet possédait sur le devant un cône translucide, semblable à un étui. Il a appelé son collègue Viktor Savinykh, qui l’a également vu, mais ils n’ont pas eu le temps de photographier quoi que ce soit : lorsque Savinykh est allé chercher l’appareil photo, le « doigt » a explosé, laissant derrière lui des nuages de fumée.
« Il s’est scindé en deux morceaux reliés l’un à l’autre. C’était comme des haltères. Je l’ai immédiatement signalé à la Terre, se souvient l’astronaute. Kovalionok admet ne pas pouvoir dire avec certitude s’il s’agissait d’un ovni. Mais il n’y avait rien de mystique, car deux personnes ont observé ce phénomène », a-t-il estimé.
De retour sur Terre, le cosmonaute a appris « que ce jour-là, les spécialistes du centre qui détecte les radiations [avaient] enregistré un important dégagement radioactif ».
« Certaines comètes ne sont que des vaisseaux de reconnaissance venus d’autres systèmes solaires ». Alexeï Leonov
Le célèbre cosmonaute soviétique Alexeï Leonov, qui a avec Gagarine été l’un des premiers hommes dans l’espace, a soutenu que l’existence d’une forme de vie extraterrestre était prouvée au moins indirectement par l’existence de comètes.
« Chaque fois qu’elles sont proches du Soleil, les comètes consument une partie importante de leur matière afin de former leur queue. Il s’avère qu’en connaissant la masse de la comète et de la queue, il est facile de calculer sa durée de vie. Pendant cette durée, la comète devrait brûler. Mais la comète […], en dépit de toute logique, réapparaît encore et encore dans le ciel. De toute évidence, quelque part sur leur itinéraire spatial, les comètes subissent des changements qui nous sont inconnus pendant qu’elles disparaissent pendant 100, 200, 300 ans », a expliqué Alexeï Leonov.
L’astronaute s’est également demandé d’où elles venaient. Si les comètes sont nées avec le système solaire (dont l’âge est estimé à au moins 4,5 milliards d’années), elles auraient dû brûler depuis longtemps. Il existe plusieurs hypothèses scientifiques visant à expliquer pourquoi cela ne se produit pas, mais Leonov en a une autre : « Certaines comètes ne sont rien d’autre que des vaisseaux de reconnaissance venus d’autres systèmes solaires. Et cette hypothèse a droit de cité ».
« Je n’ai pas vu d’extraterrestres, mais je crois qu’ils existent ». Anton Chkaplerov
Le cosmonaute Anton Chkaplerov s’est rendu quatre fois sur l’ISS, et a réalisé trois sorties dans l’espace. Il estime qu’il est impossible que nous soyons seuls dans l’espace infini, bien que nous n’ayons pas observé de « preuve ».
« Nous n’avons pas vu le Seigneur Dieu, mais nous sommes sûrs qu’il nous voit, nous protège, c’est certain. Je n’ai pas vu d’extraterrestres, mais je crois qu’ils existent sans aucun doute. Nous ne pouvons pas être seuls dans un espace illimité tel que l’univers », a déclaré Chkaplerov.
« Je ne sais pas pour les extraterrestres, mais nous rencontrerons sans aucun doute des traces d’autres civilisations ». Iouri Glazkov
Un autre pionnier de l’espace soviétique, le cosmonaute Iouri Glazkov, a déclaré que non seulement les extraterrestres existaient, mais qu’ils avaient laissé leur empreinte dans notre système solaire.
Iouri Glazkov a estimé qu’il y a 74 millions d’années, il y avait une planète entre Mars et Jupiter, et qu’elle a ensuite été détruite. « Ceci est mis en évidence par la composition des météorites qui sont tombées sur Terre, explique Glazkov. Il existe une hypothèse selon laquelle l’évolution sur cette planète a atteint ses formes les plus élevées. Cependant, la planète a explosé et sa civilisation a été dissoute à jamais dans les vastes étendues de l’univers. »
« Peut-on supposer que des civilisations extraterrestres existent ? Bien sûr ! » Evgueni Khrounov
Evgueni Khrounov, la « doublure » d’Alexeï Leonov, n’a passé au total qu’une journée dans l’espace, mais il a évoqué beaucoup d’enthousiasme la vie extraterrestre.
« Peut-on supposer que des civilisations extraterrestres existent ? Bien sûr. Jusqu’à ce que le caractère unique de la Terre soit prouvé, une telle hypothèse devrait avoir le droit d’exister. Sinon, vous devrez croire à un dessein surnaturel. Quant aux ovnis, on ne peut nier leur existence, des milliers de personnes les ont vus. On peut supposer qu’ils sont causés par des effets optiques, mais certaines de leurs propriétés sont tout simplement étonnantes. Par exemple, la possibilité de changer de direction à 90° à grande vitesse », a expliqué l’astronaute
L’ARTICLE COMPLET ORIGINAL EN ANGLAIS (note et info complémentaires) DATE DE 1999 EST DISPONIBLE SUR LE SITE DE LA CIA :D’OU IL A ETE EXTRAIT PAR NOUVELLE ECONOMIE SPATIALE. https://www.cia.gov/readingroom/docs/DOC_0005517742.pdf
Auteur : Gerald K. Haines – 1999
Depuis des décennies, le public américain nourrit une fascination profonde et persistante pour les objets volants non identifiés (OVNI). Des sondages ont révélé qu’une proportion considérable de la population a entendu parler de ce phénomène, et qu’une majorité croit à sa réalité. Même les anciens présidents américains Jimmy Carter et Ronald Reagan ont affirmé avoir vu un OVNI. Cet intérêt généralisé est contrebalancé par une croyance tout aussi tenace, partagée par de nombreuses organisations privées spécialisées dans les OVNI et des « ufologues », selon laquelle le gouvernement des États-Unis, et plus particulièrement la CIA , serait impliqué dans un vaste complot visant à dissimuler la vérité.
L’idée que la CIA ait secrètement dissimulé ses recherches est un thème récurrent depuis le début de l’ère moderne des OVNI à la fin des années 1940. Cette perception était si tenace qu’à la fin de 1993, sous la pression d’ufologues réclamant davantage d’informations, le directeur de la CIA, R. James Woolsey, ordonna un nouvel examen de tous les dossiers de l’Agence sur le sujet. Cet article, basé sur l’analyse de ces documents internes, retrace l’intérêt et l’implication réels de l’Agence dans la controverse sur les OVNI, de ses débuts en 1947 à 1990. Il en ressort une histoire complexe où les préoccupations initiales et importantes liées à la sécurité nationale au début des années 1950 se sont progressivement estompées, ne laissant place qu’à une attention limitée et périphérique. La dissimulation elle-même, semble-t-il, est née d’une combinaison de secret bureaucratique, de paranoïa liée à la Guerre froide et de la nécessité paradoxale de cacher d’autres projets terrestres top-secrets, pris à tort pour des objets extraterrestres.
L’aube de l’ère des soucoupes volantes
Le phénomène des « soucoupes volantes » est apparu en même temps que la Guerre froide. En 1947, alors que la confrontation entre les États-Unis et l’Union soviétique s’intensifiait, les premières observations ont commencé. Le premier témoignage important remonte au 24 juin 1947, lorsque Kenneth Arnold , pilote privé et homme d’affaires réputé, a aperçu neuf objets en forme de disque près du mont Rainier, dans l’État de Washington, se déplaçant à une vitesse estimée à plus de 1 600 km/h. Le récit d’Arnold a été suivi d’une multitude d’autres observations, provenant de pilotes militaires et civils, de contrôleurs aériens et du grand public à travers tout le pays.
L’US Air Force, craignant que ces objets ne soient des armes secrètes soviétiques, réagit immédiatement. En 1948, le général Nathan Twining créa le projet SIGN afin de recueillir, analyser et évaluer toutes les informations relatives aux observations, y voyant une menace potentielle pour la sécurité nationale. Ce projet, mené par le Centre de renseignement technique aérien (ATIC) de la base aérienne de Wright-Patterson , conclut rapidement que si les ovnis existaient bel et bien, leur phénomène n’avait rien d’extraordinaire. Un rapport de l’Air Force révéla que la quasi-totalité des observations étaient dues à une hystérie collective, à des canulars ou à une mauvaise interprétation d’objets connus. Le rapport n’excluait toutefois pas totalement la possibilité de phénomènes extraterrestres.
À la fin des années 1940, le projet SIGN fut remplacé par le projet GRUDGE. Ce nouveau projet avait un objectif différent : une campagne de relations publiques visant à apaiser l’inquiétude du public. Les responsables du projet GRUDGE expliquaient les observations par des ballons, des avions conventionnels, des planètes, des météores, des illusions d’optique, voire de « gros grêlons ». Ils ne trouvèrent aucune preuve d’armes étrangères sophistiquées et conclurent que les ovnis ne menaçaient pas la sécurité des États-Unis. De fait, le projet GRUDGE recommanda de réduire son ampleur, arguant que l’intérêt même des autorités encourageait la croyance aux ovnis et contribuait à un climat d’hystérie collective. Le projet fut officiellement abandonné le 27 décembre 1949.
Ce désintérêt officiel fut de courte durée. Avec le déclenchement de la guerre de Corée et la montée des tensions de la guerre froide, les observations d’OVNI se poursuivirent. En 1952, le directeur du renseignement de l’US Air Force, le major-général Charles P. Cabell, ordonna une nouvelle initiative, plus ambitieuse : le projet BLUE BOOK, la principale étude de l’armée de l’air qui se déroula tout au long des années 1950 et 1960. Son objectif, comme celui des projets précédents, était d’identifier et d’expliquer les OVNI et de convaincre le public qu’ils n’avaient rien d’extraordinaire. Ces trois projets – SIGN, GRUDGE et BLUE BOOK – définirent la position officielle du gouvernement américain pour les trente années suivantes.
Durant cette période initiale, la CIA a suivi de près les efforts de l’armée de l’air. Consciente du nombre croissant d’observations, l’agence s’inquiétait de plus en plus de la menace que les ovnis pouvaient représenter pour la sécurité. En 1952, face à une augmentation massive des signalements, les responsables de la CIA se demandaient s’il ne s’agissait pas d’une simple « folie estivale ». Tout en acceptant les conclusions de l’armée de l’air, l’agence notait également que, « puisqu’il existe une faible possibilité qu’il s’agisse d’engins interplanétaires, il est nécessaire d’enquêter sur chaque observation ».
Cet intérêt prudent se mua en vive inquiétude durant l’été 1952. Les 19 et 20 juillet, les radars de l’aéroport national de Washington et de la base aérienne d’Andrews détectèrent une série de signaux mystérieux. Le 27 juillet, ces signaux réapparurent. L’armée de l’air dépêcha des avions intercepteurs pour enquêter, mais ils ne trouvèrent rien. Ces incidents firent la une des journaux à travers le pays. La Maison-Blanche voulut savoir ce qui se passait. L’armée de l’air avança rapidement l’explication que ces signaux radar pouvaient être dus à des « inversions de température », un phénomène confirmé ultérieurement par une enquête de la Civil Aeronautics Administration.
Alarmée par la recrudescence des observations, la CIA a constitué un groupe d’étude spécial au sein du Bureau du renseignement scientifique (OSI) et du Bureau du renseignement d’actualité (OCI). Le rapport initial du groupe indiquait que la plupart des observations pouvaient s’expliquer facilement. Il recommandait néanmoins à l’Agence de poursuivre la surveillance du problème en coordination avec l’Armée de l’air. Plus important encore, le groupe insistait pour que la CIA dissimule son intérêt aux médias et au public. On craignait que la révélation de cet intérêt ne soit perçue comme une confirmation de l’existence des OVNI, engendrant ainsi des tendances alarmistes.
Cette recommandation fut transmise au directeur adjoint du renseignement, Robert Amory Jr., qui fit part des préoccupations du directeur du renseignement central, Walter Bedell Smith. Ce dernier était profondément inquiet des implications pour la sécurité nationale. Il souhaitait savoir si l’enquête de l’armée de l’air était suffisamment objective et quels moyens financiers et humains supplémentaires seraient nécessaires pour déterminer la cause du faible pourcentage d’observations inexpliquées d’OVNIs. Smith estimait qu’il n’y avait « qu’une chance sur 10 000 que le phénomène représente une menace pour la sécurité du pays, mais même ce risque était inacceptable ». Il considérait qu’il incombait à la CIA, de par la loi, de coordonner les efforts de renseignement pour résoudre le problème. Smith se posait également une autre question : comment le phénomène OVNI pourrait-il être utilisé dans le cadre de la guerre psychologique menée par les États-Unis ?
Le groupe d’étude de la CIA a rencontré des responsables de l’armée de l’air à Wright-Patterson et a examiné leurs données. L’armée de l’air a affirmé que 90 % des observations étaient facilement justifiables. Les 10 % restants ont été qualifiés de « témoignages invraisemblables provenant d’observateurs crédibles ». L’armée de l’air a rejeté les théories selon lesquelles ces observations impliquaient des armes secrètes américaines ou soviétiques, ou encore des « Martiens », sans apporter la moindre preuve. Lors de ces réunions, les responsables de la CIA et de l’armée de l’air ont convenu que la divulgation des intérêts de l’Agence aggraverait le problème. Cette décision commune de dissimuler l’implication de la CIA allait largement contribuer aux accusations de complot qui allaient suivre.
Évaluation des menaces à la sécurité nationale
La principale préoccupation de la CIA n’était pas les extraterrestres, mais l’Union soviétique. Le groupe d’étude a épluché la presse soviétique à la recherche de rapports sur les ovnis et n’en a trouvé aucun. Ils en ont conclu que cette absence était forcément le fruit d’une politique de secret délibérée du gouvernement soviétique. Cette découverte a suscité de vives inquiétudes en matière de sécurité nationale. Le groupe craignait que l’URSS n’utilise les ovnis comme arme de guerre psychologique pour semer la panique et l’hystérie collective aux États-Unis.
Un danger encore plus pressant a été identifié : le groupe craignait que les Soviétiques n’utilisent les observations d’OVNI pour saturer le système d’alerte aérienne américain. Si ce système était délibérément encombré de faux signalements d’OVNI, il pourrait ne plus être en mesure de distinguer les cibles réelles des fausses, ce qui donnerait aux Soviétiques un avantage décisif en cas d’attaque nucléaire.
Cette préoccupation fut exprimée par H. Marshall Chadwell, directeur adjoint de l’OSI. En décembre 1952, Chadwell informa le directeur de la CIA, Smith, l’exhortant à agir. Il était convaincu qu’« il se passait quelque chose qui nécessitait une attention immédiate ». Il mentionna des « observations d’objets inexpliqués à haute altitude et se déplaçant à grande vitesse à proximité d’importantes installations de défense américaines », qui n’étaient « attribuables ni à des phénomènes naturels ni à des types connus d’aéronefs ».
Chadwell estimait que le problème était si important qu’il devait être porté à l’attention du Conseil national de sécurité (CNS). Il rédigea une proposition de directive du CNS visant à faire de l’étude des OVNI un projet prioritaire pour l’ensemble des services de renseignement et de recherche en matière de défense. Il exhorta également Smith à mettre en place un projet de recherche externe, mené par des scientifiques de haut niveau, afin d’étudier le problème. Smith accepta et chargea ses équipes de préparer la directive du CNS.
Le panel Robertson : Science et secret
Le 4 décembre 1952, le Comité consultatif du renseignement (IAC) se saisit de l’affaire. Il convint que le directeur du renseignement central (DCI) devait « faire appel à des scientifiques sélectionnés pour examiner et évaluer les preuves disponibles ». Parallèlement, Chadwell se renseigna sur les efforts britanniques et découvrit qu’ils étaient également actifs. Un éminent scientifique britannique, RV Jones, dirigeait un comité d’étude des « soucoupes volantes » qui avait conclu que les observations étaient des interprétations erronées de phénomènes naturels. Les Britanniques éprouvaient également des difficultés à faire évoluer l’opinion publique, notamment après que des pilotes de la RAF et de hauts responsables militaires eurent observé une « soucoupe volante parfaite » lors d’un meeting aérien.
En janvier 1953, Chadwell et H.P. Robertson, physicien renommé du California Institute of Technology, réunirent un panel prestigieux de scientifiques non militaires. Ce groupe, qui prit le nom de Panel Robertson, comprenait Samuel A. Goudsmit, physicien nucléaire ; Luis Alvarez, physicien des hautes énergies ; Thornton Page, expert en radar et en électronique ; et Lloyd Berkner , spécialiste en géophysique.
Le comité s’est réuni du 14 au 17 janvier 1953. Il a consacré 12 heures à l’examen des données et des dossiers de l’armée de l’air. Après avoir visionné un film d’une observation survenue en 1952 à Tremonton, dans l’Utah, le comité a conclu que les images étaient dues à la réflexion du soleil sur les goélands. Un film de 1950, provenant de Great Falls, dans le Montana, a été interprété comme la réflexion du soleil sur la surface de deux intercepteurs de l’armée de l’air.
Les conclusions du panel ont été unanimes et définitives. Premièrement, rien ne prouve que les observations d’OVNI constituent une menace directe pour la sécurité nationale. Deuxièmement, le panel n’a trouvé aucune preuve permettant de conclure à une origine extraterrestre de ces objets.
Le groupe d’experts a identifié une autre forme de menace. Il a conclu que l’accent mis en permanence sur les signalements d’OVNI pourrait perturber le bon fonctionnement du gouvernement. Comment ? En saturant les canaux de communication avec des signalements non pertinents et en provoquant des comportements hystériques au sein des populations. Le groupe s’est également inquiété de la possibilité que des ennemis potentiels exploitent cette hystérie pour déstabiliser la défense aérienne américaine.
Pour remédier à ces problèmes, le groupe d’experts a recommandé au Conseil de sécurité nationale de démystifier les observations d’OVNI et de mettre en place une politique d’information du public. Il a suggéré d’utiliser les médias, la publicité, les cercles d’entreprises, les écoles, et même la société Disney pour « faire passer le message » et rassurer la population. Dans un contexte marqué par le maccarthysme, le groupe a également recommandé de surveiller les groupes privés d’étude des OVNI, tels que l’ Airial Phenomena Research Organization (APRO), afin de déceler toute « activité subversive ».
Suite aux conclusions du Comité Robertson, la CIA renonça à rédiger une directive du Conseil de sécurité nationale (NSC) sur les ovnis. La position officielle de l’Agence devint qu’aucun examen plus approfondi du sujet n’était justifié, bien qu’elle continue de surveiller les observations. Les responsables de l’Agence souhaitaient que toute information concernant l’intérêt que la CIA portait à ce sujet soit strictement confidentielle. Le rapport du Comité Robertson fut classifié, et toute mention du parrainage de ce comité par la CIA fut interdite. Cette décision d’imposer le secret, motivée par le désir d’éviter la panique au sein de la population, allait par la suite causer de graves problèmes à l’Agence et constituer le fondement de son déficit de crédibilité.
Le U-2, OXCART et la naissance d’un complot
Après le rapport du comité Robertson, les responsables de l’Agence ont relégué la question des OVNI au second plan. En mai 1953, la responsabilité fut transférée à la Division de physique et d’électronique de l’OSI, dont le chef se désintéressa du problème. Il proposa de considérer le projet comme « inactif » et de n’y affecter qu’un analyste à temps partiel et un archiviste, avant de recommander son abandon définitif.
Mais certains au sein de l’Agence restaient inquiets, notamment au sujet des rapports en provenance de l’étranger. On prétendait que des ingénieurs allemands détenus par les Soviétiques développaient une « soucoupe volante », et les signalements d’OVNIs se multipliaient en Europe de l’Est et en Afghanistan. La CIA était au courant du projet Y, une opération conjointe canado-britannico-américaine visant à produire un aéronef non conventionnel de type soucoupe volante, et craignait que les Soviétiques ne testent des appareils similaires. Cette inquiétude s’inscrivait dans un contexte de montée en puissance de l’URSS : l’État soviétique avait procédé à l’explosion d’une bombe atomique en 1949 et d’une bombe à hydrogène en 1953.
En octobre 1955, le sénateur américain Richard Russell et son groupe aperçurent une soucoupe volante lors d’un voyage en train en URSS. Après de nombreux entretiens, les agents de la CIA conclurent que cette observation ne corroborait pas la théorie du développement des soucoupes volantes par les Soviétiques et que Russell avait probablement observé un avion à réaction classique en pleine ascension.
L’élément le plus significatif de l’histoire des OVNI dans les années 1950 est venu de la CIA elle-même. En novembre 1954, l’agence s’est lancée dans la reconnaissance à haute altitude avec son projet U-2 . Dès août 1955, le U-2 effectuait des vols d’essai à plus de 18 000 mètres d’altitude. À l’époque, la plupart des avions de ligne commerciaux volaient entre 3 000 et 6 000 mètres.
Par conséquent, dès le début des vols du U-2, les pilotes de ligne et les contrôleurs aériens ont constaté une forte augmentation des observations d’OVNI. Les premiers U-2 étaient argentés et reflétaient les rayons du soleil, surtout à l’aube et au crépuscule. Pour les observateurs au sol, ils apparaissaient souvent comme des objets incandescents.
Cela posa un sérieux problème au projet Blue Book de l’armée de l’air. Les enquêteurs du projet, informés des vols secrets des U-2, durent justifier ces observations. Ils les attribuèrent à des phénomènes naturels tels que des cristaux de glace et des inversions de température. En consultant l’équipe du projet U-2 de l’agence, les enquêteurs purent attribuer de nombreuses observations d’OVNI à des vols d’U-2, mais il leur était formellement interdit de révéler la véritable cause au public.
D’après des estimations ultérieures d’agents de la CIA ayant travaillé sur les projets U-2 et OXCART (SR-71) , plus de la moitié des observations d’OVNI recensées entre la fin des années 1950 et les années 1960 étaient imputables à ces vols de reconnaissance habités. Face à cette situation, l’armée de l’air fut contrainte de diffuser des informations trompeuses et mensongères auprès du public afin d’apaiser les craintes et, surtout, de protéger un projet de sécurité nationale extrêmement sensible. Cette dissimulation, bien que jugée nécessaire, alimenta considérablement les théories du complot qui suivirent.
La dissimulation devient l’histoire
Alors que la CIA produisait involontairement des rapports d’OVNI, la pression publique s’intensifiait pour la publication du rapport du Comité Robertson de 1953. En 1956, Edward Ruppelt, ancien directeur du Projet Blue Book, révéla publiquement l’existence de ce comité. L’ufologue Donald Keyhoe, major des Marines à la retraite, militait pour la divulgation de toutes les informations gouvernementales. Des groupes civils d’étude des OVNI, tels que le Comité national d’enquêtes sur les phénomènes aériens (NICAP) et l’APRO, firent immédiatement pression pour obtenir la publication du rapport.
Sous la pression, l’armée de l’air a demandé à la CIA l’autorisation de déclassifier et de publier le rapport. L’agence a refusé. Elle a alors préparé une version expurgée, supprimant toute référence à la CIA et toute mention du potentiel de guerre psychologique évoqué par le groupe d’experts.
Les demandes ne cessèrent pas. En 1958, Keyhoe, lors d’un entretien avec Mike Wallace de CBS, affirma que la CIA était profondément impliquée dans les affaires d’OVNI et qu’elle finançait le panel Robertson. Avec le Dr Leon Davidson, ingénieur chimiste et ufologue, il exigea la publication du rapport complet. Davidson était convaincu que la CIA, et non l’armée de l’air, était responsable de l’analyse des OVNI et que « les activités du gouvernement américain sont responsables des observations d’OVNI de la décennie précédente ». Grâce aux vols U-2 et OXCART, Davidson était plus proche de la vérité qu’il ne le pensait. Malgré cela, la CIA resta inflexible et refusa de déclassifier le rapport.
L’Agence était si soucieuse du secret qu’elle s’inquiétait de l’ancien directeur de la CIA, Roscoe Hillenkoetter, membre du conseil d’administration du NICAP. Les responsables de l’Agence ont débattu de l’opportunité de lui montrer le rapport afin d’apaiser les tensions. (Hillenkoetter a démissionné du NICAP en 1962).
Cette politique de secret rigide a eu des conséquences désastreuses dans deux affaires plutôt bizarres qui ont contribué à une méfiance croissante du public envers la CIA.
Le premier incident fut celui du « code radio » de 1955. Deux sœurs âgées de Chicago, Mildred et Marie Maier, rapportèrent avoir enregistré une émission de radio au cours de laquelle un code non identifié, provenant d’une soucoupe volante, avait été entendu. L’Office of Scientific Intelligence (OSI) de la CIA s’y intéressa et demanda à la Division des contacts (CD) d’en obtenir une copie. Un agent de la CD, Dewelt Walker, rencontra les sœurs, qui étaient ravies de l’intérêt que leur portait le gouvernement. Walker télégraphia au quartier général que la scène était digne d’« Arsenic et vieilles dentelles ». Il obtint la bande, que l’OSI analysa et qui révéla n’être rien de plus qu’un message en morse émis par une station de radio américaine connue.
L’affaire en resta là jusqu’en 1957, lorsque Leon Davidson s’entretint avec les sœurs Maier. Celles-ci se souvenaient d’un certain M. Walker, de l’« US Air Force ». Davidson, soupçonnant Walker d’être un agent de la CIA, écrivit au directeur de la CIA, Allen Dulles. L’Agence, soucieuse de protéger l’identité de Walker, se trouvait alors dans une situation délicate. Elle chargea l’Air Force d’écrire à Davidson, affirmant mensongèrement que Walker « était et est un officier de l’Air Force » et que l’enregistrement avait été analysé par « un autre organisme gouvernemental ».
Insatisfait, Davidson insista pour obtenir davantage de détails. L’Agence dépêcha un autre agent, en civil et en uniforme de l’armée de l’air, pour le rencontrer. Lorsque Davidson continua d’insister pour connaître la source de l’enregistrement, l’agent consulta son quartier général et rappela Davidson plus tard avec une nouvelle version : le signal étant d’origine américaine avérée, la bande et les notes « avaient été détruites pour gagner de la place dans les archives ».
Davidson était furieux. Il a déclaré à l’officier que « lui et son agence, quelle qu’elle soit, agissaient comme Jimmy Hoffa et le syndicat des Teamsters en détruisant des documents susceptibles de les incriminer ». Ce petit incident, mal géré par la CIA et l’armée de l’air, a dégénéré en une affaire majeure qui a contribué à épaissir le mystère entourant le rôle de la CIA.
Quelques mois plus tard, un autre incident vint alimenter les interrogations. En 1958, le commandant Keyhoe accusa l’Agence de demander délibérément aux témoins d’OVNIs de ne pas rendre leurs observations publiques. Cette accusation faisait suite à un incident survenu en 1957, au cours duquel l’OSI avait demandé au Département de la Conquête (CD) d’obtenir des photographies d’OVNIs datant de 1952 auprès de Ralph C. Mayher, photographe de télévision à Cleveland. Un agent du CD, John Hazen, obtint les photos, les fit analyser et les rendit à Mayher « sans commentaire ». Mayher demanda alors l’évaluation de l’Agence, expliquant qu’il préparait une émission de télévision et souhaitait mentionner qu’un service de renseignement américain avait examiné les photos.
Keyhoe contacta ensuite Mayher, prit connaissance du récit et demanda à l’Agence de confirmer par écrit l’emploi de Hazen, afin de mettre au jour le rôle de la CIA. Bien que les agents de terrain du CD fussent généralement très transparents, l’Agence refusa. L’assistant du directeur de la CIA, Dulles, envoya à Keyhoe une lettre évasive, le renvoyant vers l’armée de l’air. À l’instar de la réponse apportée à Davidson, cette réplique ne fit qu’alimenter les spéculations quant à l’implication profonde de l’Agence.
Le Comité Condon et la fin du BLUE BOOK
Au début des années 1960, Keyhoe et Davidson poursuivirent leurs attaques. Davidson affirmait alors que la CIA « était seule responsable d’avoir créé la polémique autour des soucoupes volantes comme outil de guerre psychologique dans le cadre de la guerre froide depuis 1951 ».
En 1964, suite aux discussions à la Maison-Blanche sur la conduite à tenir en cas de découverte d’une intelligence extraterrestre dans l’espace, le directeur de la CIA, John McCone, demanda une évaluation actualisée des ovnis par la CIA. L’OSI répondit que « peu de choses avaient changé » depuis les années 1950 et qu’il n’existait toujours aucune preuve de menace ou d’« origine étrangère ».
Parallèlement, la pression publique a contraint l’armée de l’air à créer une commission spéciale ad hoc, présidée par le Dr Brian O’Brien et comprenant Carl Sagan, chargée d’examiner le projet Blue Book. Son rapport n’a rien apporté de nouveau : aucune menace, aucune technologie extraterrestre. Il a toutefois recommandé qu’une université de premier plan étudie les ovnis de manière approfondie. En 1966, de brèves auditions devant la commission des forces armées de la Chambre des représentants ont abouti à des conclusions similaires.
Suite à ces examens et aux révélations du Dr Robertson lui-même lors d’une émission de CBS concernant l’implication de la CIA, l’armée de l’air a de nouveau sollicité l’Agence en juillet 1966 pour la déclassification de l’intégralité du rapport de la commission Robertson de 1953. L’Agence a une fois de plus refusé. Karl H. Weber, directeur adjoint de l’OSI, a écrit à l’armée de l’air : « Nous souhaitons vivement éviter toute divulgation supplémentaire de l’information selon laquelle cette commission était financée par la CIA. »
Cette réaction était à courte vue. Le Saturday Review publia un article critiquant la version édulcorée du rapport. Pire encore, le Dr James E. McDonald, physicien de l’atmosphère renommé de l’Université d’Arizona, avait déjà consulté le rapport complet à Wright-Patterson. À son retour pour le photocopier, l’armée de l’air refusa, prétextant qu’il s’agissait d’un document classifié de la CIA. McDonald, s’imposant comme une autorité en matière d’OVNIs, affirma publiquement que la CIA était à l’origine du secret et de la dissimulation orchestrés par l’armée de l’air.
Cédant à la pression publique et à son propre comité O’Brien, l’armée de l’air annonça en 1966 qu’elle recherchait une université pour mener une étude de 18 mois. En octobre, l’université du Colorado accepta un contrat de 325 000 dollars. Le programme était dirigé par le Dr Edward U. Condon, un physicien qui se déclarait « agnostique » sur le sujet.
Ce que le public ignorait, c’est que la CIA était impliquée de manière informelle. Un général de l’armée de l’air contacta Arthur C. Lundahl, directeur du Centre national d’interprétation photographique (NPIC) de la CIA, et proposa une liaison informelle. Le NPIC fournirait au Comité Condon des conseils et des services techniques pour l’examen des photographies. La direction de la CIA approuva cet arrangement afin de garder un œil sur cette nouvelle initiative.
L’ensemble du dispositif fut tenu secret. La CIA resta discrète et insista pour que le travail effectué par le NPIC pour le comité ne soit pas officiellement reconnu. En février 1967, Condon et son équipe visitèrent le NPIC et furent impressionnés par son équipement de photoanalyse spécialisé. En mai, le NPIC fournit une analyse de photographies d’OVNI prises à Zanesville, dans l’Ohio, qui réfuta l’observation. Condon était ravi, déclarant que pour la première fois, une analyse scientifique d’un OVNI résisterait à l’examen.
En avril 1969, Condon et sa commission publièrent leur rapport. Celui-ci concluait que l’étude des ovnis n’avait « guère, voire pas du tout », abouti au cours des 21 dernières années et que des recherches plus approfondies étaient « injustifiées ». Il recommandait l’abandon du Projet Blue Book. Le rapport ne mentionnait pas la participation de la CIA.
Un comité spécial de l’Académie nationale des sciences a examiné le rapport Condon et a approuvé ses conclusions, déclarant que « l’explication la moins probable des ovnis est l’hypothèse de visites extraterrestres ». Suite à ces recommandations, le secrétaire de l’armée de l’air a annoncé l’arrêt du projet BLUE BOOK le 17 décembre 1969.
L’ère de la FOIA : le problème refuse de disparaître
Le rapport Condon n’a pas convaincu de nombreux ufologues, qui le considéraient comme un nouvel élément de la dissimulation. En juin 1975, William Spaulding, à la tête d’un petit groupe appelé Ground Saucer Watch (GSW), a écrit à la CIA pour demander une copie du rapport du panel Robertson et tous les documents relatifs aux ovnis.
En 1976, Gene Wilson, coordinateur de l’information et de la protection de la vie privée à la CIA, adressa à Spaulding une réponse « mal informée ». Wilson affirmait : « Avant la création du Comité Robertson et après la publication de son rapport, la CIA ne s’est jamais engagée dans l’étude du phénomène OVNI. » Or, les observations du drone U-2 et le soutien du Comité Condon du NPIC prouvaient le contraire.
Non convaincue, GSW a intenté une action en justice contre la CIA en septembre 1977 , en vertu de la loi sur la liberté d’information (FOIA). Submergée de demandes similaires, la CIA a accepté de mener une « recherche raisonnable ». Des responsables de l’agence, sous la direction de Launie Ziebell du Bureau du conseiller juridique, ont mené une recherche approfondie. Ils ont même découvert un vieux dossier sur les OVNI sous le bureau d’une secrétaire. La recherche a finalement permis de recueillir 355 documents, soit environ 900 pages.
Le 14 décembre 1978, l’Agence publia tous les documents, à l’exception de 57, retenus pour des raisons de sécurité nationale. Bien que les documents publiés ne constituent pas une preuve irréfutable et ne révèlent qu’un intérêt mineur de l’Agence après 1953, la presse traita l’événement de manière sensationnaliste. Le New York Times, par exemple, affirma que les documents confirmaient une « vive préoccupation gouvernementale » et une surveillance secrète. GSW porta alors l’affaire devant les tribunaux pour obtenir la publication des documents retenus, arguant que l’Agence dissimulait encore des informations cruciales.
La situation était très similaire à celle de l’assassinat de JFK : malgré la quantité d’informations publiées par l’Agence, la thèse d’une dissimulation persistait. Le directeur de la CIA, Stansfield Turner, fut tellement bouleversé par l’article du Times qu’il demanda à ses supérieurs : « Sommes-nous impliqués dans l’affaire des OVNI ? » Son équipe examina les dossiers et conclut qu’« aucune recherche organisée n’avait été menée par l’Agence… et qu’aucune collecte de renseignements sur les OVNI n’avait été organisée depuis les années 1950 ». La plainte de GSW fut rejetée en mai 1980.
À la fin des années 1970 et dans les années 1980, l’Agence a maintenu un intérêt discret pour le sujet. Si la plupart des scientifiques rejetaient l’existence des soucoupes volantes, certains membres de la communauté du renseignement se sont tournés vers l’étude de la parapsychologie et des phénomènes paranormaux, notamment les expériences de « vision à distance ». Les responsables de la CIA ont également examiné le problème sous l’angle du contre-espionnage : les Soviétiques et le KGB utilisaient-ils des citoyens américains et des groupes d’ufologues pour obtenir des informations sur des programmes d’armement américains sensibles, comme l’avion furtif ? Ou bien la vulnérabilité du système de défense aérienne américain pouvait-elle être exploitée par des missiles étrangers imitant des OVNI ?
Dans les années 1980, l’Agence ne disposait d’aucun projet officiel concernant les ovnis. En réalité, les responsables ont délibérément limité au maximum les dossiers sur les ovnis afin d’éviter de créer des documents susceptibles d’induire le public en erreur s’ils étaient un jour rendus publics.
Les mythes modernes : Roswell et Majestic-12
Les années 1980 ont également vu ressurgir les accusations selon lesquelles l’Agence dissimulait des documents relatifs à l’incident de Roswell de 1947, au cours duquel une soucoupe volante se serait écrasée au Nouveau-Mexique, permettant ainsi au gouvernement de récupérer des débris et des corps extraterrestres. En septembre 1994, l’US Air Force a publié un nouveau rapport sur Roswell. Ce rapport concluait que les débris trouvés en 1947 provenaient probablement d’une opération de ballons autrefois ultra-secrète, le projet MOGUL, conçu pour surveiller l’atmosphère et détecter d’éventuels essais nucléaires soviétiques.
Aux alentours de 1984, une série de documents ont fait surface, censés prouver que le président Truman avait créé en 1947 un comité ultrasecret, nom de code Majestic-12, chargé de récupérer des débris d’OVNI et des corps d’extraterrestres. La plupart, sinon la totalité, de ces documents se sont révélés être des faux. L’un de ces documents prétendument liés à Majestic-12, par exemple, s’est avéré être une contrefaçon. Il s’agissait d’une photocopie d’une lettre authentique de 1944 de George C. Marshall concernant des interceptions « Magic », mais les dates et les noms avaient été modifiés et « Magic » avait été remplacé par « Majic ». Aucun document original de MJ-12 n’a jamais été retrouvé.
Résumé
L’histoire de l’implication de la CIA dans les affaires d’OVNI ne révèle pas un intérêt profond pour la vie extraterrestre. Il s’agissait plutôt d’une brève mais intense période de préoccupation pour la sécurité nationale, au plus fort de la Guerre froide. La principale crainte de l’Agence n’était pas l’existence d’« hommes venus de Mars », mais plutôt que le phénomène OVNI ne soit exploité par l’Union soviétique à des fins de guerre psychologique ou pour masquer une attaque nucléaire surprise.
Le comité Robertson de 1953, commandité par la CIA, conclut à l’absence de preuves de menace ou de visites extraterrestres. Sa principale conclusion fut que le véritable danger résidait dans le signalement des ovnis, susceptible d’encombrer les services de renseignement et de provoquer la panique au sein de la population. La recommandation du comité, préconisant une campagne d’information et de démystification, associée à une politique stricte de dissimulation du rôle de la CIA, instaura un climat de méfiance qui dura des décennies.
Cette méfiance fut ensuite involontairement attisée par la CIA elle-même. Le développement d’avions de haute altitude ultrasecrets comme le U-2 et l’OXCART entraîna une forte augmentation des observations d’« OVNI » – observations que l’armée de l’air et la CIA durent activement et de manière trompeuse dissimuler par des versions officielles. Ce phénomène, combiné à des refus jugés « à courte vue » de déclassifier d’anciens rapports et à des demandes d’information du public mal gérées, renforça la conviction qu’il s’agissait d’une dissimulation gouvernementale.
La conviction que nous ne sommes pas seuls dans l’univers est trop séduisante, et la méfiance envers le gouvernement trop répandue, pour que la question se prête à une explication scientifique traditionnelle. À l’instar des théories du complot sur l’assassinat de JFK, le phénomène OVNI et la croyance en une dissimulation de la CIA ne disparaîtront probablement pas de sitôt, quoi que fasse ou dise l’Agence.
La base de données NUFORC est le plus grand ensemble indépendant de rapports d’observations d’OVNI/PAN disponible sur Internet.
Depuis 25 ans, elle constitue la ressource incontournable pour les chercheurs et le grand public souhaitant consulter les témoignages directs les plus récents d’observations d’OVNI ou explorer de vastes archives de rapports historiques. Ces rapports sont accessibles gratuitement au public via les index ci-dessous. Pour toute autre utilisation, notamment commerciale, veuillez consulter nos Conditions d’utilisation en bas de page.
Le personnel de NUFORC examine chaque rapport et l’évalue comme suit :
NIVEAU 1 : Les observations les plus spectaculaires – engins à la structure étrange ou phénomènes très anormaux observés à courte distance. Indiqués par un lien jaune vif « Ouvrir ! » .
NIVEAU 2 : Objets présentant des caractéristiques inhabituelles telles qu’une vitesse incroyable, des virages non inertiels, une propulsion inexplicable, etc. Indiqués par un lien ouvert jaune délavé.
NIVEAU 3 : Autres rapports qui ne peuvent pas être facilement expliqués.
NIVEAU 4 : Signalements que nous jugeons explicables par des phénomènes humains ou naturels. Les explications sont classées comme possibles (indiquées par ?), probables ou certaines.
Remarque : Les rapports reçus avant mars 2023 n’ont pas encore été évalués.
Accédez aux rapports à partir de l’une des listes ci-dessous :
Nous espérons que ces informations seront utiles au grand public et à la communauté ufologique. Nous publions régulièrement des rapports dès leur traitement dans notre base de données.
Le Centre national de signalement des OVNI ne se prononce pas sur la véracité des informations contenues dans ces rapports. Les canulars manifestes ont été omis, mais la plupart des rapports ont été publiés tels que reçus, dans les propres mots de leur auteur.
Archives audio
Durant les premières années de NUFORC, les signalements étaient principalement effectués par téléphone via la ligne d’assistance mise en place par le fondateur de NUFORC, Robert Gribble. L’organisme Northern Ontario UFO Research and Study conserve des archives en ligne des appels de 1974 à 1977, accessibles ici .
TYPE DE RAPPORT FIGURANT DANS LA BASE DE DONNEE DU NUFORC
Observation d’OVNI NUFORC 193012
Date et heure approximatives : 23/07/2025 à 14h00 heure locale –
Signalement : 05/10/2025 à 10h46 heure du Pacifique –
Durée : 1 min 15 s
– Nombre d’observateurs : 2
– Lieu : York, Pennsylvanie, États-Unis
– Forme : Disque
– Couleur : Doré –
– Taille estimée : 3 à 4 SUV assemblés ? Difficile à expliquer
– Point d’observation : Terre – Direction : Nord –
– Angle d’élévation : 45°
– Distance minimale : 15 mètres ou moins !
– Vitesse estimée : Incroyable. Impossible. En un clin d’œil,
Une soucoupe volante a survolé ma femme et moi à moins de 15 mètres !
Nous étions sortis faire des courses. Notre voiture était garée à environ 8 mètres de la maison. Il faisait un temps magnifique : soleil, ciel dégagé, pas de vent. Nous sommes sortis et nous nous sommes dirigés vers la voiture. Nous étions à environ trois mètres de la voiture quand, sans même y prêter attention, quelque chose est apparu de nulle part sur notre gauche. En levant les yeux, nous avons vu : un OVNI ! On aurait dit une scène de BD ou de vieux film. On aurait dit une soucoupe volante. C’était doré, très brillant. À chaque fois que j’en ai parlé, le monde est devenu complètement silencieux. Aucun bruit, et j’ai eu l’impression que le silence s’était installé autour de moi. Nous étions complètement abasourdis. Physiquement, nous pouvions bouger, mais c’était impossible. Nous étions trop choqués pour parler, encore moins pour bouger. Nous l’avons fixé du regard, sans cligner des yeux, sans bouger, sans même respirer, pendant une dizaine de secondes. Finalement, nous avons commencé à nous parler de l’étrangeté de la situation, sans quitter l’engin des yeux, en criant : « Comment se fait-il que personne d’autre ne voie ça ? » J’avais l’impression que nos voix ne portaient pas loin. Je sais que ça paraît bizarre, mais c’est vrai. Il se trouvait à environ 3 à 5 mètres au-dessus de la cime des arbres, planant silencieusement. Il n’a rien fait, puis finalement, après environ une minute et 15 secondes, il est parti. J’aurais cru qu’il avait disparu, sauf que je voyais bien qu’il se dirigeait dans la même direction que s’il ne s’était pas arrêté au-dessus de nous. Il a continué sa trajectoire, mais à une vitesse démesurée, presque inhumaine. Aucun bruit, aucun signe avant-coureur, rien. Disparu, tout simplement.
Photo : Illustration imaginaire de l’observation de York en Pennsylvanie par la rédaction. « On aurait dit une soucoupe volante. C’était doré, très brillant. À chaque fois que j’en ai parlé, le monde est devenu complètement silencieux… »
Photo : Illustration imaginaire de l’observation de York en Pennsylvanie par la rédaction. « On aurait dit une soucoupe volante. C’était doré, très brillant. À chaque fois que j’en ai parlé, le monde est devenu complètement silencieux… »
Note NUFORC :
RAPPORT D’ENQUÊTE
Témoin : S.
Date et heure de l’entretien téléphonique : 10-12-2025 à 10h46 PST
Le 10 décembre 2025 à 10h46 PST, j’ai contacté S. par téléphone pour l’interroger sur son observation d’un PAN (phénomène non identifié) survenue le 23 juillet 2025 vers 14h00 EST. S a déclaré qu’à cette date et heure, elle se rendait à sa voiture avec sa femme lorsqu’elles ont aperçu un PAN dans le ciel qui s’est immobilisé directement au-dessus d’elles. Elle a précisé que l’engin ne s’est pas arrêté, il s’est simplement immobilisé. S. a ensuite indiqué que l’engin a plané à environ 15 mètres au-dessus d’elles, sans émettre le moindre bruit. S. a déclaré être fascinée par les différents moyens de transport et bien connaître les avions conventionnels, les hélicoptères et les drones. Elle a ajouté que l’engin qui planait au-dessus d’elle ne ressemblait à rien de ce qu’elle n’avait jamais vu auparavant, hormis à la télévision ou au cinéma. S. a affirmé que l’engin qu’elle observait ressemblait trait pour trait à une soucoupe volante des films des années 1960 ou 1970. S. a également déclaré que le ciel était dégagé et que l’engin se trouvait au-dessus de la cime des arbres, lui offrant ainsi une vue imprenable.
Elle a précisé que l’engin mesurait environ 7,5 mètres de large et était de couleur dorée. Elle a ajouté qu’il était brillant et lisse comme du beurre. Elle a indiqué que les reflets du soleil rendaient l’observation difficile, mais qu’elle avait pu distinguer une inscription inconnue. S a affirmé qu’elle pouvait voir la majeure partie de l’engin depuis sa position et qu’elle ne distinguait ni fenêtres, ni lumières, ni conduit d’échappement. Elle a ensuite ajouté que l’engin était totalement silencieux, ce qui était très inquiétant. S. a déclaré qu’en le fixant du regard, elle avait eu l’impression de retenir son souffle pendant 10 à 15 secondes. Elle a d’abord pensé que c’était dû au choc, mais elle n’en était pas certaine. S a ajouté qu’elle se souvenait de n’avoir rien entendu autour d’elle, comme si elle était dans une bulle. Elle a enfin décrit ce silence comme suffocant, comme une présence pesante. S a déclaré qu’après environ 1 minute et 15 secondes, l’engin a décollé à une vitesse incroyable, sans bruit ni perturbation aérienne.
S. a indiqué s’être sentie paranoïaque pendant les trois jours suivants. Elle a ajouté qu’elle ne savait pas pourquoi, mais que c’était le cas. S. a expliqué qu’elle pensait que son incapacité à comprendre ce qu’elle avait vu y contribuait peut-être, ou que personne ne la croirait. Elle a ajouté qu’elle se sentait simplement « engourdie ».
Conclusion :
Même au téléphone, je sentais que S était bouleversée par son observation. Elle répétait que la soudaineté et la vitesse fulgurante de l’engin à son arrivée et à son départ l’avaient profondément choquée. FlightRadar24 n’a rien enregistré et aucun signalement d’OVNI n’a été effectué auprès de la police locale. S. soumettra un dessin de l’engin dès que possible. Je classe cette observation comme anormale.
Les phénomènes transitoires observés lors du relevé du ciel de l’observatoire Palomar (POSS-I) pourraient être associés aux essais nucléaires et aux signalements de phénomènes anormaux non identifiés.
Des objets transitoires de type stellaire d’origine inconnue ont été identifiés lors du premier relevé du ciel de l’observatoire Palomar (POSS-I), réalisé avant le lancement du premier satellite artificiel. Nous avons testé des hypothèses selon lesquelles certains de ces objets seraient liés à des essais d’armes nucléaires ou à des signalements de phénomènes anormaux non identifiés (PAN). Un ensemble de données quotidiennes (du 19/11/49 au 28/04/57) concernant les objets transitoires identifiés, les essais nucléaires et les signalements de PAN a été constitué (n = 2 718 jours). Les résultats ont révélé des corrélations significatives ( p = 0,008) entre les essais nucléaires et les objets transitoires observés, ces derniers étant 45 % plus probables les jours précédant ou suivant un essai nucléaire. Pour les jours où au moins un objet transitoire a été identifié, des corrélations significatives ont été observées entre le nombre total d’objets transitoires et le nombre total de signalements de PAN indépendants par jour (p = 0,015). Chaque signalement de PAN supplémentaire à une date donnée entraînait une augmentation de 8,5 % du nombre d’objets transitoires identifiés. Des corrélations faibles mais significatives ( p = 0,008) ont également été observées entre les essais nucléaires et le nombre de signalements de PAN. Ces résultats suggèrent des liens, au-delà du simple hasard, entre l’occurrence de phénomènes transitoires et à la fois les essais nucléaires et les signalements de PAN. Ils pourraient contribuer à élucider la nature des phénomènes transitoires de type POSS-I et renforcer les données empiriques soutenant l’existence des PAN.
Introduction
Des objets transitoires de type stellaire ont été identifiés lors de relevés du ciel effectués avant le lancement du premier satellite artificiel le 4 octobre 1957 1,2 . Ces objets transitoires de courte durée (moins de 50 minutes de temps d’exposition) présentent des fonctions d’étalement du point et sont absents des images prises peu avant leur apparition, ainsi que de toutes les images des relevés ultérieurs 3 . Comme indiqué précédemment dans cette revue 3, il arrive que plusieurs objets transitoires apparaissent sur une même image, présentant des caractéristiques difficiles à expliquer par des facteurs conventionnels (lentilles gravitationnelles, sursauts gamma, fragmentation d’astéroïdes, défauts de plaques, etc.) 3,4. Nous avons identifié de nombreux objets transitoires lors du relevé du ciel de l’observatoire Palomar (POSS-I), ainsi que lors d’autres relevés effectués dans le cadre du projet VASCO (Vanishing and Appearing Sources during a Century of Observations ) 1,2,3 .
L’origine des phénomènes transitoires identifiés demeure inconnue et ne peut être vérifiée directement en raison de leur nature historique. Néanmoins, l’étude des corrélats contemporains de ces phénomènes pourrait fournir des informations utiles pour élucider leur origine possible. Aucune recherche systématique de ce type n’a été menée jusqu’à présent. Cependant, des observations anecdotiques suggèrent des hypothèses quant aux corrélats possibles de ces phénomènes transitoires, pour lesquels des données suffisantes permettent une vérification empirique.
L’association possible de phénomènes transitoires avec des essais d’armes nucléaires peut être envisagée pour deux raisons. De 1951 au lancement de Spoutnik en 1957, au moins 124 essais nucléaires atmosphériques ont été menés par les États-Unis, l’Union soviétique et le Royaume-Uni. Dans certaines circonstances, le rayonnement nucléaire est connu pour produire une lueur visible (rayonnement Tcherenkov) ⁵ . Ce phénomène peut être observé dans l’atmosphère en réponse à des particules de haute énergie (par exemple, les rayons gamma), bien qu’il soit influencé à la fois par l’énergie des particules et la densité atmosphérique⁶ . Conformément à ce concept, des « boules de feu » lumineuses ont été signalées à plusieurs reprises dans le ciel peu après des essais nucléaires dans des zones où d’importantes retombées radioactives étaient attendues⁷ , ⁸ . Sur la base de ces observations, nous émettons l’hypothèse que certains phénomènes transitoires pourraient représenter un effet atmosphérique non identifié des essais nucléaires. Par ailleurs, il est également possible que les retombées des essais nucléaires contaminent directement les plaques photographiques astronomiques, avec l’apparition caractéristique de taches opaques sur les films photographiques sensibles aux rayons X⁹ . Nous avons également envisagé une explication potentielle très différente des liens entre les essais nucléaires et les phénomènes transitoires. Des articles de presse contemporains et les archives du Projet Blue Book de l’US Air Force, enquête sur ce que l’on appelle aujourd’hui les phénomènes anormaux non identifiés (PAN), indiquent que des objets inhabituels, apparemment métalliques et d’origine inconnue, ont été signalés dans le ciel à plusieurs reprises, juste avant, pendant et juste après des essais d’armes nucléaires<sup> 7 </sup>. Des PAN ont également souvent été observés dans des centrales nucléaires et sur des sites de production d’armes nucléaires 7,10. Nous avons émis l’hypothèse que si les PAN observés lors des essais nucléaires étaient métalliques, ils pourraient réfléchir la lumière du soleil (ou éventuellement émettre directement de la lumière) et ainsi apparaître comme des phénomènes transitoires s’ils se trouvaient sur des orbites géosynchrones juste avant ou après leur apparition lors des essais nucléaires.
Dans le prolongement de cette dernière hypothèse, les phénomènes transitoires pourraient également être associés, de manière plus générale, aux témoignages de PAN (phénomènes aériens non identifiés) en dehors du contexte des essais nucléaires. À cet égard, nous notons que les images POSS-I des 19 et 27 juillet 1952 présentent chacune plusieurs phénomènes transitoires brillants (voir Fig. 1 ) 4,11 . Ces dates coïncident avec deux week-ends consécutifs durant lesquels de nombreux PAN ont été observés pendant plusieurs heures, visuellement et par radar, au-dessus de Washington, D.C 11,12 . Nous supposons que certains de ces phénomènes transitoires pourraient être des PAN en orbite terrestre qui, en pénétrant dans l’atmosphère, pourraient être à l’origine de certaines observations de PAN.
Quatre expositions de la région du ciel de 3 × 3 minutes d’arc centrée sur le triple transitoire identifié en juillet 1952. En haut à gauche : image rouge POSS I du 19 juillet 1952 à 8 h 52 (TU) montrant le triple transitoire juste au-dessus du centre. En haut à droite : image bleue POSS I de la même région, avec un temps d’exposition de 10 minutes, prise immédiatement après, sans trace du triple transitoire. En bas à gauche et à droite : images rouge (à gauche) et bleue (à droite) POSS I prises deux mois plus tard (14 septembre 1952), montrant que le transitoire a disparu.
Dans la présente étude, nous avons effectué un test préliminaire des hypothèses spéculatives ci-dessus à l’aide d’une base de données que nous avons créée, contenant plus de 100 000 objets transitoires identifiés dans les images du relevé POSS-I (voir Méthodes). Chacun de ces objets transitoires n’apparaît ni sur une image POSS-I prise peu de temps auparavant, ni sur des images de relevés ultérieurs. Nous avons examiné les corrélations entre la présence d’un objet transitoire (oui/non) et le nombre d’objets transitoires (dans l’ensemble du ciel) identifiés à chaque date, et : 1) les dates d’essais nucléaires atmosphériques (issues de sources publiques) ; et 2) les signalements d’au moins un PAN à cette date (oui/non) et le nombre total de PAN indépendants signalés à cette date dans une base de données exhaustive de témoignages de PAN (UFOCAT ; voir Méthodes). Bien que nous anticipions un bruit important dans les données d’observation des PAN (par exemple, en raison d’erreurs de témoins) et potentiellement aussi dans les données transitoires (par exemple, des erreurs d’identification liées à la poussière, au rayonnement cosmique, etc.), nous pensions qu’il était important de soumettre ces nouvelles hypothèses à un test empirique direct afin de fournir une évaluation préliminaire des associations possibles entre les transitoires observés et les essais nucléaires ainsi que les observations de PAN.
Résultats
Caractéristiques descriptives
Des données transitoires étaient disponibles pour la période du 19 novembre 1949 au 28 avril 1957 inclus, cette dernière date étant antérieure de plus de cinq mois au lancement du premier satellite artificiel (Spoutnik). Sur les 2 718 jours de cette période, des transitoires ont été observés 310 jours (11,4 %). Dans l’ensemble de l’échantillon, le nombre de transitoires par date variait de 0 à 4 528 (sur plusieurs sites et plaques expérimentales), avec une moyenne tronquée à 5 % de 10,09 et une médiane de 0,0. La distribution du nombre de transitoires par date était fortement asymétrique à droite (asymétrie = 10,35) et surdispersée (variance = 28 938,64).
Des essais d’armes nucléaires atmosphériques (américains, soviétiques et britanniques) ont été menés pendant 124 jours (4,6 %) au cours de la période d’étude. Des observations de PAN (phénomènes aériens non identifiés) ont été enregistrées dans la base de données UFOCAT pendant 2 428 jours (89,3 %) au cours de cette même période. Pour les jours où au moins une observation de PAN a été signalée, la moyenne tronquée à 5 % du nombre d’observations indépendantes (c’est-à-dire dans différents États ou pays) était de 3,77, avec une médiane de 3,0 observations. Le nombre de signalements de PAN était significativement plus élevé pendant les périodes d’essais nucléaires (moyenne tronquée à 5 % = 3,68) qu’en dehors de ces périodes (moyenne tronquée à 5 % = 3,31 ; test U de Mann-Whitney = 447 057, p = 0,008), ce qui suggère une certaine corrélation entre ces deux événements.
Association des phénomènes transitoires avec les essais d’armes nucléaires
Nous avons d’abord recherché d’éventuelles associations entre l’apparition de phénomènes transitoires et les essais d’armes nucléaires. Le critère principal d’évaluation des essais nucléaires était une période incluant la date de l’essai ± 1 jour (voir Méthodes). Les associations potentielles avec les phénomènes transitoires ont été testées de deux manières. Le tableau 1 présente un tableau croisé 2 × 2 indiquant si chaque date se situait dans une période d’essai nucléaire (Oui/Non) et si un phénomène transitoire y a été observé (Oui/Non). Les phénomènes transitoires étaient significativement plus fréquents pendant les périodes d’essais nucléaires qu’en dehors, χ²(1) = 6,94, p = 0,008. Nous constatons que 15,6 % des dates d’essais nucléaires étaient associées à au moins un phénomène transitoire, contre seulement 10,8 % des dates hors période d’essais nucléaires. Nos résultats indiquent que le risque relatif d’apparition d’un phénomène transitoire pendant une période d’essais nucléaires (par rapport à une date hors période d’essais nucléaires) était de 1,45 (intervalle de confiance à 95 % : 1,10 – 1,90). Ainsi, un phénomène transitoire avait 45 % plus de chances d’être observé aux dates comprises dans une fenêtre d’essai nucléaire (jour de l’essai + /- 1 jour) par rapport aux dates en dehors d’une fenêtre d’essai nucléaire.
Tableau 1 : Tableau croisé 2 × 2 du statut transitoire à une date donnée, selon que cette date se situait ou non dans une fenêtre de contrôle nucléaire (date du contrôle ± 1 jour). La fréquence (et le pourcentage pour chaque catégorie de fenêtre de contrôle nucléaire) sont indiqués. Les différences entre les cellules sont significatives ( p = 0,008).
Des analyses secondaires complémentaires ont ensuite été menées afin d’examiner plus précisément le lien temporel entre les essais nucléaires et l’apparition de phénomènes transitoires. Le tableau 2 résume ce lien et différentes périodes par rapport aux essais nucléaires, allant de deux jours avant à deux jours après l’essai. Seule l’apparition de phénomènes transitoires survenant un jour après un essai nucléaire a atteint le seuil de signification statistique. Des phénomènes transitoires ont été observés 18,5 % des jours suivant un essai nucléaire, contre seulement 11,0 % des jours ne répondant pas à ce critère. Ces résultats indiquent que la probabilité d’observer un phénomène transitoire était 68 % plus élevée le lendemain d’un essai nucléaire que les jours sans essai nucléaire.
Tableau 2 Associations des phénomènes transitoires avec les essais nucléaires dans différentes périodes. IC = Intervalle de confiance.
Au-delà de l’occurrence dichotomique des phénomènes transitoires, nous avons également testé les différences dans le nombre total de phénomènes transitoires observés à une date donnée selon que cette date se situait ou non dans une fenêtre d’essais nucléaires. Un nombre significativement plus élevé de phénomènes transitoires a été observé aux dates comprises dans une fenêtre d’essais nucléaires (moyenne tronquée à 5 % = 23,40) qu’en dehors de cette fenêtre (moyenne tronquée à 5 % = 8,55 ; test U de Mann-Whitney = 431 649,5, p = 0,007).
Association des personnes de passage avec les observations de PAN
Étant donné la fréquence élevée des signalements de PAN (au moins un signalement pour 89,3 % des dates d’étude), l’examen des liens possibles entre les personnes de passage et les observations de PAN, en tant que variables dichotomiques, s’est avéré peu pertinent (ce test n’était pas significatif ; χ² = 2,43, p = 0,12). Par conséquent, des analyses statistiquement plus puissantes, basées sur des variables continues, ont été utilisées pour tester les associations entre le nombre de signalements de PAN et le nombre de personnes de passage observées à une date donnée. Ces analyses ont employé deux approches. La première consistait simplement à examiner la corrélation entre le nombre de personnes de passage et le nombre de signalements de PAN pour une nuit donnée. Cette analyse a été restreinte aux dates où au moins une personne de passage a été observée (n = 310), ce qui permet d’éliminer le biais important dû au grand nombre de valeurs nulles dans les données relatives aux personnes de passage (aucune personne de passage n’a été observée pour 88,5 % des jours de l’ensemble de données). Cette analyse simple a révélé une association très faible mais statistiquement significative (c’est-à-dire supérieure au hasard) entre le nombre total de personnes de passage et le nombre total de signalements d’AUP à une date donnée (rho de Spearman = 0,138, p = 0,015). La figure 2 présente un nuage de points illustrant cette association.
Fig. 2
Diagramme de dispersion du nombre total de phénomènes transitoires identifiés par le nombre total de signalements indépendants de PAN pour les dates où au moins un phénomène transitoire a été observé (n = 310). Les deux variables ont subi une transformation logarithmique (log10) pour une meilleure lisibilité.
Pour pallier les limites de l’analyse de corrélation simple présentée précédemment, nous avons employé une seconde approche analytique, statistiquement plus puissante, afin de tester notre hypothèse de lien entre les phénomènes aériens non identifiés (PAN) et leur caractère transitoire, en exploitant l’ensemble des données disponibles. Nous avons ainsi observé que le nombre total de PAN par date présentait une forte asymétrie positive et une surdispersion, se rapprochant d’une distribution binomiale négative. Nous avons donc utilisé des analyses de modèles linéaires généralisés (GLM) spécifiant une distribution binomiale négative pour tester les associations entre le nombre de signalements de PAN et le nombre de PAN observés chaque jour dans l’ensemble de l’échantillon. L’ajustement du modèle était bon (χ² = 18,50). Les résultats ont révélé une association positive significative entre le nombre de PAN signalés et le nombre de PAN observés (β = 0,081, erreur standard = 0,006, p < 0,001). L’estimation du paramètre exponentiel [Exp(B)] = 1,085] a indiqué que pour chaque UAP supplémentaire signalé à une date donnée, il y avait une augmentation de 8,5 % du nombre de transitoires observés.
Enfin, comme les essais nucléaires et les signalements de PAN étaient tous deux associés individuellement à la présence de personnes de passage, nous avons également examiné si leur combinaison linéaire était associée au nombre total de personnes de passage (c’est-à-dire, si les associations observées étaient additives). Nous avons créé une nouvelle variable catégorielle codée comme suit : 0 = Aucun PAN à cette date et la date ne se situait pas dans une période d’essais nucléaires ; 1 = Au moins un signalement de PAN à cette date ou la date se situait dans une période d’essais nucléaires ; et 2 = Au moins un signalement de PAN à cette date et la date se situait dans une période d’essais nucléaires. La variable dépendante était le nombre total de personnes de passage pour chaque date. Par conséquent, pour les raisons évoquées précédemment, nous avons de nouveau utilisé une analyse GLM en spécifiant une distribution binomiale négative. Les résultats étaient statistiquement significatifs (β = 1,073, erreur standard = 0,0834, p < 0,001). Les moyennes marginales estimées (avec intervalles de confiance à 95 %) pour chaque groupe sont présentées dans le tableau 3 . Les dates sans signalement de PAN et hors période d’essais nucléaires étaient associées au plus faible nombre total de phénomènes transitoires, tandis que les dates avec au moins un signalement de PAN et pendant une période d’essais nucléaires présentaient le nombre total de phénomènes transitoires le plus élevé. Toutes les différences deux à deux entre ces groupes étaient significatives ( p < 0,001) et les intervalles de confiance à 95 % ne se chevauchaient pas. L’ensemble des résultats suggère que les associations entre les signalements de PAN, les essais nucléaires et le nombre de phénomènes transitoires observés pourraient être additives.
Tableau 3. Moyennes marginales estimées du nombre total de personnes de passage identifiées par date, pour les trois groupes de prédicteurs combinés (signalements de PAN ou non, période d’essais nucléaires ou non). Toutes les comparaisons deux à deux sont significatives à p < 0,001.
Cette étude a permis de tester préliminairement les associations hypothétiques entre des objets transitoires de courte durée, semblables à des étoiles, identifiés sur les images du relevé du ciel POSS-I de 1949 et 1957, et les essais d’armes nucléaires ainsi que les signalements d’observations de PAN. L’hypothèse de départ était que l’identification de corrélations contemporaines entre ces objets transitoires pourrait contribuer à élucider leur nature et leur origine, actuellement inconnues. Nos résultats ont révélé plusieurs corrélations statistiques intéressantes.
Premièrement, bien que ce ne soit pas l’objet principal de l’étude, nous avons observé une association faible mais statistiquement significative entre les essais d’armes nucléaires et l’augmentation des observations de PAN. Un nombre significativement plus élevé d’observations de PAN a été signalé pendant les périodes d’essais d’armes nucléaires (date de l’essai ± 1 jour) qu’en dehors de ces périodes. À notre connaissance, cette association statistique n’a pas encore été rapportée dans la littérature scientifique à comité de lecture, bien qu’elle concorde avec des observations anecdotiques de ce type<sup> 7 </sup> .
Ensuite, lors de la vérification de nos hypothèses principales, nous avons constaté que l’apparition dichotomique d’événements transitoires et le nombre total d’événements transitoires observés à une date donnée étaient associés aux essais nucléaires de manière significative. La probabilité d’observer des événements transitoires était 45 % plus élevée les jours incluant une période d’essai nucléaire que les jours hors de cette période. Un examen plus fin de la chronologie de ces associations a révélé que l’association la plus forte (et la seule significative) existait entre les essais nucléaires et l’augmentation de la probabilité d’apparition d’un événement transitoire le lendemain de cet essai.
Nous relevons également une observation fortuite et intrigante concernant les liens possibles entre les essais nucléaires et les phénomènes transitoires. La dernière observation d’un phénomène transitoire au sein d’une fenêtre d’essais nucléaires dans cet ensemble de données remonte au 17 mars 1956, malgré 38 essais nucléaires atmosphériques supplémentaires survenus au cours des 13 mois suivants de la période d’étude. Une étude antérieure portant sur les corrélations entre les signalements de PAN et les sites de production et d’assemblage liés aux armes nucléaires (à l’exclusion des essais d’armes nucléaires) a conclu que l’activité élevée de PAN sur ces sites a débuté en 1948, a connu une augmentation spectaculaire jusqu’en 1952, puis a chuté brutalement en 1953 pour rester faible jusqu’en 1975 (fin de la période d’étude)<sup> 10 </sup>. Cette diminution soudaine et soutenue des signalements de PAN sur les sites de production nucléaire en 1953 s’est produite malgré la mise en service, durant cette période, d’importantes nouvelles installations de production et d’assemblage d’armes nucléaires (par exemple, les sites de Savannah River et de Pantex)<sup> 10 </sup> . Prises ensemble, les données de la période 1953-1956 semblent marquer un tournant dans une tendance pluriannuelle d’associations apparentes entre les phénomènes aériens non identifiés (PAN) et les activités nucléaires. Si la signification de ces diminutions parallèles de l’activité des PAN sur les sites de production et d’essais d’armes nucléaires au milieu des années 1950 demeure incertaine, elles pourraient constituer un argument convergent en faveur de la validité des liens entre les PAN et les activités liées aux armes nucléaires.
Enfin, notre hypothèse d’associations entre les phénomènes transitoires et les signalements de PAN a été confirmée. Nous avons détecté une très faible corrélation positive, significative par rapport au hasard, entre le nombre de phénomènes transitoires observés et le nombre de PAN signalés à une date donnée (rho de Spearman = 0,14). Cette association a été observée même en limitant les analyses aux dates où au moins un phénomène transitoire a été constaté, une analyse atténuant le biais potentiellement important dû à la forte proportion de dates (88,5 %) sans observation de phénomène transitoire. Ce résultat confirme notre hypothèse d’associations potentiellement significatives entre les phénomènes transitoires et les signalements de PAN. D’autres analyses portant sur l’échantillon complet ont indiqué que chaque PAN supplémentaire signalé à une date donnée entraînait une augmentation de 8,5 % du nombre de phénomènes transitoires observés à cette même date. Globalement, les résultats de cette étude confortent nos hypothèses selon lesquelles les phénomènes transitoires présentent une certaine association à la fois avec les essais nucléaires et les signalements de PAN. Nos résultats suggèrent en outre que ces associations sont additives, le plus grand nombre de phénomènes transitoires étant observé aux dates comprises dans une période d’essais nucléaires où au moins un PAN a été signalé.
Nos résultats ne permettent pas de définir précisément la nature des phénomènes transitoires et n’impliquent pas nécessairement de lien de causalité. Cependant, ils contredisent plusieurs explications simplistes. L’ensemble de nos résultats ne corrobore pas l’hypothèse selon laquelle la plupart des phénomènes transitoires seraient dus à une contamination ou à des défauts des plaques photographiques ou des images numérisées, ni à d’autres facteurs de confusion locaux au sein même de l’observatoire. La contamination des plaques photographiques par des retombées nucléaires produit des taches diffuses et brumeuses d’apparence très différente des profils de luminosité discrets, semblables à des étoiles, dont la fonction d’étalement du point est caractéristique des phénomènes transitoires ,9 . Ces explications ne permettraient pas non plus de rendre compte de l’association observée entre les phénomènes transitoires et les signalements de PAN (phénomènes aériens non identifiés) provenant de plusieurs sites éloignés de l’observatoire. Les associations entre les phénomènes transitoires, les PAN et les essais nucléaires rapportées dans cette étude ne peuvent être attribuées à un quelconque biais d’observation, car l’existence des phénomènes transitoires était inconnue au moment de leur apparition et les dates et heures des essais nucléaires étaient généralement inconnues des personnes signalant les PAN. Enfin, le fait que les phénomènes transitoires étaient plus susceptibles de se produire le lendemain d’un essai nucléaire (plutôt que le jour de l’essai) réfute l’hypothèse de débris de bombe éjectés dans l’atmosphère comme explication plausible.
Concernant la nature des phénomènes transitoires, nos résultats suggèrent deux hypothèses susceptibles d’expliquer leur association avec les essais nucléaires et les signalements de PAN. La première évoque un phénomène atmosphérique inattendu et jusqu’alors inconnu, déclenché par des explosions nucléaires ou lié aux retombées radioactives. Ce phénomène pourrait être à l’origine de certains signalements de PAN et se manifester sous forme de transitoires sur les images astronomiques. Bien que plausible, cette hypothèse repose sur le fait que des effets atmosphériques (plutôt qu’orbitaux géosynchrones) se traduiraient vraisemblablement par une traînée sur l’image après 50 minutes d’exposition. Or, tous les transitoires apparaissent comme des sources ponctuelles distinctes, et non comme des traînées. De plus, cette hypothèse est d’autant plus improbable que les transitoires ont été le plus souvent observés le lendemain d’un essai nucléaire. De tels phénomènes atmosphériques devraient se maintenir et rester localisés pendant environ 24 heures pour expliquer l’apparence visuelle des transitoires. La seconde hypothèse, plus spéculative, s’appuie sur une théorie bien connue concernant les PAN, selon laquelle les armes nucléaires pourraient les attirer 7,8 . Bien que ce lien supposé soit avancé depuis des décennies sur la base de témoignages anecdotiques, il n’avait jusqu’à présent bénéficié d’aucune donnée probante systématique. Dans le cadre de cette dernière hypothèse, nos résultats pourraient indiquer que les phénomènes transitoires sont des objets artificiels et réfléchissants, soit en orbite à haute altitude autour de la Terre 13 , soit à haute altitude dans l’atmosphère. Il reste à déterminer si et comment cette hypothèse pourra être testée plus avant. Quelle que soit la nature définitive de ces phénomènes transitoires, nos résultats viennent étayer l’interprétation de plus en plus convaincante de ces phénomènes comme de véritables observations 1,3,13 plutôt que comme des défauts d’émulsion.
La faible ampleur des associations significatives rapportées doit être prise en compte. La détection de ces faibles effets a été rendue possible par la puissance statistique élevée résultant de la grande taille de l’échantillon disponible. Plusieurs facteurs peuvent avoir contribué à la faible ampleur des associations observées. Ces associations peuvent avoir été en partie limitées par le bruit dans les données transitoires. Des méthodes automatisées ont été appliquées à l’identification des plus de 100 000 transitoires composant les données examinées dans cette étude. Bien qu’un petit sous-ensemble de ceux-ci ait fait l’objet d’une confirmation manuelle, l’application de méthodes de validation systématiques plus sophistiquées utilisant l’intelligence artificielle pourrait réduire les erreurs d’identification des transitoires et conduire à un meilleur rapport signal/bruit, augmentant ainsi l’ampleur des associations telles que celles rapportées ici. Il existe également sans aucun doute un bruit important dans les données UAP examinées, qui pourrait avoir minimisé l’ampleur des associations observées. Les témoignages sont affectés par divers types d’erreurs 14 , 15 , 16 et les rapports de la base de données UFOCAT, qui a fourni les données UAP pour le présent travail, n’ont pas fait l’objet d’une évaluation systématique de leur validité. De plus, l’ampleur des corrélations entre les phénomènes transitoires et les essais nucléaires ainsi que les PAN pourrait avoir été limitée par le fait que l’observatoire de Palomar, d’où proviennent les observations, ne fournit que des données provenant d’un seul point géographique, alors que les essais d’armes nucléaires et les signalements de PAN peuvent se produire dans le monde entier. Enfin, la nature potentiellement hétérogène des phénomènes transitoires et leurs causes multiples pourraient limiter l’ampleur de leur corrélation avec un seul facteur.
En conclusion, les données recueillies avant le lancement du premier satellite artificiel en 1957 révèlent des corrélations faibles mais statistiquement significatives entre des phénomènes transitoires de courte durée, semblables à des étoiles, et les essais d’armes nucléaires atmosphériques ainsi que les observations de PAN. Nos résultats apportent un soutien empirique supplémentaire à la validité du phénomène de PAN et à son lien potentiel avec les activités nucléaires, en complétant les données issues de témoignages oculaires. L’hypothèse selon laquelle certains de ces phénomènes transitoires pourraient correspondre à des PAN en orbite, capturés sur des plaques photographiques avant le lancement du premier satellite artificiel, ne peut être écartée. Cette étude contribue à la littérature scientifique, encore peu abondante, qui applique des méthodes systématiques à l’étude des données relatives aux PAN 8 , 10 , 17 , 18 , 19 , 20 . L’importance des corrélations mises en évidence dans ce travail pour une meilleure compréhension des phénomènes transitoires et des PAN reste à déterminer.
Méthodes
Sources de données
Données transitoires
L’ensemble de données initial sur les objets transitoires comprenait une liste de 107 875 objets transitoires identifiés entre le 19 novembre 1949 et le 28 avril 1957. Ces objets ont été identifiés dans des images numérisées publiques de l’étude POSS-I, disponibles sur le site web DSS Plate Finder ( https://archive.stsci.edu/cgi-bin/dss_plate_finder ). Le processus d’identification des objets transitoires et d’élimination des erreurs d’identification a été réalisé grâce à un flux de travail automatisé, décrit en détail dans Solano et al 1 En bref, les objets transitoires étaient définis comme des sources ponctuelles distinctes, semblables à des étoiles, présentes dans les images POSS-I E Red et absentes des images prises juste avant et après l’acquisition de l’image POSS-I Red. Un critère final de classification d’un objet comme transitoire était l’absence d’homologues à moins de 5 secondes d’arc dans PanStarrs DR1 ou Gaia DR3.
Cet ensemble de données sur les phénomènes transitoires contenait les dates, heures et coordonnées de chaque phénomène identifié. Pour de nombreuses dates, des phénomènes transitoires ont été observés sur plusieurs images, reflétant des observations de différentes zones du ciel. L’ensemble de données (au format ASCII) a été converti en un fichier de données SPSS pour Windows, comprenant une ligne par date où au moins un phénomène transitoire a été observé, ainsi qu’une variable de comptage récapitulant le nombre total de phénomènes transitoires observés à chaque date.
Données sur les essais d’armes nucléaires
Un ensemble de données SPSS a été créé à partir de sources publiques, comprenant les dates de tous les essais d’armes nucléaires atmosphériques effectués pendant la période étudiée. Les essais menés par les États-Unis ont été identifiés à partir des sources suivantes :
Des témoignages anecdotiques de personnes présentes lors d’essais nucléaires dans les années 1950 ont rapporté la présence de particules atmosphériques non identifiées (PANI) sur les sites d’essais nucléaires avant, pendant et après ces essais > 7 Par conséquent, notre critère d’évaluation principal était une variable de fenêtre d’essai nucléaire (codée 1/0 pour Oui/Non) indiquant si une date donnée se situait dans une fenêtre de 3 jours entourant un essai nucléaire (date de l’essai ± 1 jour). Ce choix d’une fenêtre de 3 jours comme critère d’évaluation principal a été fait alors que les auteurs ignoraient encore les données transitoires. Afin de permettre un examen ultérieur plus précis de la séquence temporelle des associations transitoires avec les essais nucléaires, nous avons également créé a posteriori plusieurs variables indiquant si une date donnée se situait à des intervalles spécifiques par rapport à un essai nucléaire : 2 jours avant, 1 jour avant, le jour de l’essai, 1 jour après et 2 jours après.
Données des rapports de témoins d’UAP
Les données relatives aux témoignages d’observations de PAN proviennent de la base de données UFOCAT, exhaustive et accessible au public, gérée par le Centre d’études des OVNI ( https://cufos.org/cufos-publications-databases/ufocat/ ). Cette base de données a été initialement créée dans le cadre de l’étude des OVNI menée par l’Université du Colorado et financée par l’US Air Force, sous la direction du Dr Edward Condon (1966-1968). Elle est mise à jour régulièrement depuis. Elle constitue la base de données la plus complète et accessible au public sur les observations de PAN pour la période 1949-1957, qui a fait l’objet de la présente étude. La base de données UFOCAT originale, sous Microsoft Access, a été importée dans SPSS. Cette base de données contenait de nombreuses entrées identiques (même date et même lieu) provenant de différentes sources ; une seule entrée a été conservée pour chaque témoignage. Afin de réduire le risque de doublons concernant un même PAN décrit par différents témoins à la même date et au même endroit (c’est-à-dire dans le même État), une seule entrée a été conservée dans ces cas. Enfin, une variable reflétant le nombre total d’observations de PAN signalées à partir de lieux indépendants à chaque date a été créée.
Procédure
L’analyse finale des données a débuté par la création d’un fichier maître SPSS contenant un enregistrement distinct pour chaque date de la période d’étude, du 19/11/49 au 28/04/57 (n = 2 718 jours). Les bases de données relatives aux phénomènes de passage, aux essais nucléaires et aux PAN ont ensuite été fusionnées par date avec ce fichier maître. Des variables dichotomiques (codées 1/0 pour Oui/Non) ont ensuite été créées afin d’indiquer si chaque date du fichier maître était associée à au moins un phénomène de passage et/ou à au moins un signalement de PAN. Des variables dichotomiques et continues étaient disponibles pour les données relatives aux phénomènes de passage (présence ou absence de phénomènes de passage et nombre total de phénomènes de passage identifiés à chaque date) et pour les données relatives aux PAN (présence ou absence de PAN et nombre total de signalements de PAN indépendants à chaque date). La variable relative aux essais nucléaires était uniquement disponible sous forme d’indice dichotomique, indiquant si chaque date se situait pendant une période d’essais nucléaires (codée 1/0 pour Oui/Non).
Analyse statistique
Toutes les analyses ont été réalisées à l’aide du logiciel statistique SPSS pour Windows, version 29 (IBM Corp., Armonk, NY). Pour tester les associations entre les variables dichotomiques [Fenêtre d’essais nucléaires (Oui/Non) versus Observation d’un phénomène transitoire (Oui/Non)], des tests du χ² ont été utilisés. Afin de faciliter l’interprétation de l’ampleur de l’association entre les essais nucléaires et les phénomènes transitoires, nous avons adopté une approche de risque relatif, similaire à celle couramment utilisée en recherche médicale. Autrement dit, nous avons calculé la probabilité d’observer un phénomène transitoire (le « résultat ») selon que sa date se situe ou non dans une fenêtre d’essais d’armes nucléaires (l’« exposition »). Ce risque relatif a été calculé à l’aide d’un calculateur en ligne : https://www.medcalc.org/calc/relative_risk.php . En raison de la distribution significativement non normale des variables reflétant le nombre total de phénomènes transitoires et le nombre total de PAN par nuit, les différences entre ces variables en fonction des essais nucléaires ont été examinées à l’aide du test non paramétrique de Mann-Whitney. Pour caractériser la nature des différences entre les groupes dans ces tests non paramétriques, nous présentons les moyennes tronquées à 5 %, compte tenu de la forte asymétrie des distributions de ces variables et du caractère généralement non informatif des valeurs médianes (par exemple, la médiane du nombre total de personnes de passage est égale à 0). Toujours pour des raisons de distribution, les associations entre ces deux mesures continues ont été testées à l’aide du coefficient de corrélation non paramétrique de Spearman (ρ). Afin de contextualiser l’interprétation de l’ampleur de l’association entre le nombre total de personnes de passage et le nombre de PAN (personnes non identifiées) signalés par nuit, nous avons réalisé des analyses de modèles linéaires généralisés (GLM), en spécifiant une distribution binomiale négative compte tenu de la forte asymétrie positive et de la surdispersion des données relatives aux personnes de passage. L’estimation du paramètre exponentiée obtenue a ensuite été utilisée pour estimer l’ampleur de l’effet (c’est-à-dire l’impact du nombre d’observations de PAN sur le nombre total de personnes de passage observées à cette date) en termes de ratio de taux d’incidence. Pour les besoins de l’affichage dans la Fig. 2 , les transitoires totaux et les rapports UAP totaux ont tous deux été transformés en log10 (après avoir ajouté une constante [+ 1] pour éviter les valeurs nulles) afin d’optimiser l’échelle dans la figure.
Disponibilité des données
L’ensemble de données SPSS final analysé sera mis à disposition par les auteurs sur demande raisonnable adressée au Dr Stephen Bruehl (stephen.bruehl@vumc.org).
Références
Solano, E., Villarroel, B. et Rodrigo, C. Découverte d’objets disparus dans les images rouges de POSS I à l’aide de l’observatoire virtuel. Mon. Not. R. Astron. Soc. 515 , 1380–1391 (2022).
Villarroel, B. et al. Les sources qui disparaissent et apparaissent au cours d’un siècle d’observations : objets USNO manquants dans les relevés du ciel modernes et observations de suivi d’une « étoile manquante ». Astronom. J. 159 , 8 (2020).
Belz, J. et al. Comparaison des mesures de fluorescence et d’ionisation de l’air des profils de profondeur de gerbe EM : test d’une technique de détecteur UHECR. Astropart. Phys. 25 , 57–63 (2006).
Hastings, R. OVNIs et armes nucléaires : rencontres extraordinaires sur des sites d’armes nucléaires (2e édition ). (Auto-édition, 2017).
Knuth, KH et al. La nouvelle science des phénomènes aérospatiaux-sous-marins non identifiés (UAP). Prépublication disponible à l’adresse : https://www.arxiv.org/abs/2502.06794 . (2025) .
Webb, JH Le voile sur les films photographiques par les contaminants radioactifs présents dans les matériaux d’emballage en carton. Phys. Rev. 76 , 375 (1949).
Grosvenor, S., Hancock, L. et Porritt, I. Analyse des indications de PAN (1945-1975) du complexe de guerre atomique des États-Unis. Limina—J. UAP Stud. 2 (1), 109-128. https://doi.org/10.59661/001c.131854 (2025).
Ruppelt, E. Le manège de Washington dans Le rapport sur les objets volants non identifiés. -172 (Doubleday & Company, 1956).
Villarroel, B. et al. Un éclat dans l’œil : Recherches d’artefacts non terrestres dans les archives de plaques photographiques. Acta Astronaut. 194 , 106–113 (2022).
Loftus, EF & Palmer, JC Reconstruction de la destruction automobile : un exemple d’interaction entre le langage et la mémoire. J. Verbal Learn Verbal Behav. 13 , 585–589 (1974).
Medina, RM, Brewer, SC & Kirkpatrick, SM Une analyse environnementale des observations publiques de PAN et du potentiel de vue du ciel. Sci. Rep. 13 , 22213 (2023).
Watters, WA et al. L’étude scientifique des phénomènes aériens non identifiés (PAN) à l’aide d’observatoires multimodaux au sol. J. Astronom. Instrum. 12 , 2340006 (2023).
Nolan, GP, Vallee, JF, Jiang, S. et Lemke, LG. Techniques instrumentales améliorées, notamment l’analyse isotopique, applicables à la caractérisation de matériaux inhabituels présentant un intérêt potentiel pour la criminalistique aérospatiale. Prog. Aerosp. Sci. 128 , 100788 (2022).
Bruehl S, Little S, Powell RM Analyse de regroupement des caractéristiques associées à des phénomènes anormaux non identifiés décrits dans 216 rapports sélectionnés de 1947 à 2016. World Futures (sous presse).
Département d’anesthésiologie, Centre médical de l’Université Vanderbilt, Bâtiment des arts médicaux 701, 1211, 21e Avenue Sud, Nashville, TN, 37212, États-Unis
Stephen Bruehl
Nordita, Institut royal de technologie KTH et Université de Stockholm, Hannes Alfvéns Väg 12, 106 91, Stockholm, Suède
Béatriz Villarroel
Contributions
SB et BV ont conçu l’étude. BV a préparé et interprété les données transitoires. SB a compilé les différents jeux de données qui ont été fusionnés en un jeu de données final analysé, et a réalisé et interprété les analyses statistiques. SB a rédigé la première version du manuscrit, et SB et BV l’ont révisée et ont rédigé la version finale. BV a préparé la figure 1 et SB a préparé la figure 2 ainsi que les tableaux 1 , 2 et 3. Tous les auteurs ont relu le manuscrit final.
Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts.
Informations Complémentaires
Note de l’éditeur
Springer Nature reste neutre en ce qui concerne les revendications territoriales figurant sur les cartes publiées et les affiliations institutionnelles.
Droits et autorisations
Cet article est publié en libre accès sous licence Creative Commons Attribution 4.0 International (CC BY 4.0), qui autorise l’utilisation, le partage, l’adaptation, la distribution et la reproduction sur tout support et dans tout format, à condition de citer correctement l’auteur ou les auteurs originaux et la source, d’indiquer si des modifications ont été apportées et de fournir un lien vers la licence Creative Commons. Les images et autres éléments tiers présents dans cet article sont inclus dans la licence Creative Commons de l’article, sauf mention contraire dans la légende. Si un élément n’est pas inclus dans la licence Creative Commons de l’article et que votre utilisation prévue n’est pas autorisée par la réglementation en vigueur ou dépasse les limites de l’utilisation autorisée, vous devez obtenir l’autorisation directement du titulaire des droits d’auteur. Pour consulter une copie de cette licence, rendez-vous sur http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/ .
Nature Portfolio a pour mission de servir la communauté scientifique en publiant ses découvertes les plus importantes – des travaux qui font progresser les connaissances et contribuent à relever certains des plus grands défis auxquels notre société est confrontée aujourd’hui. Nos revues publient non seulement des articles de recherche originaux, mais aussi des synthèses, des commentaires critiques, des actualités et des analyses.
De Nature — la principale revue scientifique hebdomadaire internationale, fondée en 1869 — aux revues spécialisées sur abonnement telles que Nature Genetics et Nature Physics , en passant par les revues en libre accès généraliste comme Nature Communications et Scientific Reports , vous trouverez au sein de notre famille de revues un espace adapté à vos recherches. Nous nous engageons également à offrir davantage d’options aux auteurs dans le domaine du libre accès. Les revues Communications , un groupe de revues multidisciplinaires de haute qualité, sélectives et en libre accès, ont publié leurs premiers articles en 2018. Nos revues Nature Reviews présentent des articles de synthèse faisant autorité, accessibles et pertinents. Des graphiques de haute qualité et un contenu enrichi apportent contexte et explications, quelle que soit votre discipline.
Chaque mois, neuf millions de personnes consultent les actualités, les analyses et les commentaires sur nature.com. Nous nous engageons à former la prochaine génération de scientifiques en soutenant les Nature Awards for Mentoring in Science, le prix John Maddox pour la défense de la science et les Nature Research Awards pour l’inspiration et l’innovation scientifiques.
Il ne s’agit ni d’une blague, ni d’un canular, ni d’un signe d’instabilité mentale, ni d’une tentative de stimuler le tourisme local en attirant les curieux, a insisté aujourd’hui l’agence de presse soviétique TASS lors de discussions sur ce qu’elle a qualifié de visite extraterrestre dans le sud de la Russie.
Photo : représentation imaginaire de l’humanoïde observé.
Les habitants de la ville de Voronej ont affirmé aujourd’hui que des créatures extraterrestres longilignes à trois yeux avaient bel et bien atterri dans un parc local et s’étaient promenées, et que le reportage apparemment fantastique diffusé lundi par l’agence de presse officielle TASS était absolument vrai.
« Ce n’était pas une illusion d’optique », a déclaré le lieutenant Sergei A. Matveyev du commissariat de police du district de Voronej, qui a affirmé lors d’un entretien téléphonique avoir vu l’atterrissage de l’OVNI le 27 septembre.
Le lieutenant Matveyev a avoué n’avoir pas vu les extraterrestres, mais a affirmé avoir aperçu le vaisseau spatial : « C’était assurément un corps volant dans le ciel », se déplaçant silencieusement à très grande vitesse et à très basse altitude. « Tout est possible. »
Pour être honnête, le lieutenant Matveyev a déclaré qu’il était lui-même un peu sceptique lorsqu’il a vu l’objet pour la première fois. « Je me suis dit que je devais être vraiment fatigué », a-t-il dit. « Mais je me suis frotté les yeux et ça n’a pas disparu. Alors je me suis dit qu’à notre époque, tout est possible. »
Utilisant le ton sensationnaliste qui a récemment contaminé la très sérieuse agence de presse TASS, celle-ci a fourni aujourd’hui de nouveaux détails sur l’atterrissage d’un OVNI à Voronej, une ville située à environ 480 kilomètres au sud-est de Moscou.
Selon l’agence TASS et un article paru aujourd’hui dans le journal Sovetskaya Kultura, deux garçons et une fille d’une école locale – Vasya Surin, Zhenya Blinov et Yuliya Sholokhova – jouaient dans un parc par une douce soirée du 27 septembre lorsque, soudain, à 18h30, « ils ont aperçu une lueur rose dans le ciel, puis une sphère d’un rouge profond » d’une dizaine de mètres de diamètre. Une foule s’est rassemblée et « on pouvait clairement voir une trappe s’ouvrir dans la partie inférieure de la sphère et une forme humanoïde à l’intérieur ». Un regard figé.
La créature à trois yeux, mesurant environ trois mètres de haut et élégamment vêtue d’une salopette argentée et de bottes en bronze, avec un disque sur la poitrine, disparut, puis atterrit et sortit pour une promenade avec un compagnon et un robot.
Les extraterrestres semblaient communiquer entre eux, produisant l’apparition mystérieuse d’un triangle brillant, et activèrent le robot d’un simple contact.
Terrifié, un garçon se mit à hurler, mais, selon Tass, le regard des yeux brillants de l’extraterrestre le réduisit au silence et le paralysa.
Après une brève disparition, les trois revinrent, mais cette fois, l’un des « humanoïdes » avait à ses côtés ce qui ressemblait à une arme : un tube d’environ soixante centimètres de long qu’il pointa vers un garçon de seize ans. Le garçon, dont le nom n’était pas mentionné dans le rapport, disparut aussitôt, mais réapparut après que l’extraterrestre fut monté dans la sphère.
Vladimir A. Moiseyev, directeur du département régional de la santé, a déclaré lors d’un entretien téléphonique que malgré les informations faisant état d’une peur généralisée dans la ville, aucun des témoins n’avait sollicité d’aide médicale. Il a toutefois ajouté : « Nous prévoyons bien sûr d’examiner les enfants. » Aucune explication n’a été fournie quant à la raison pour laquelle, deux semaines plus tard, cet examen n’avait toujours pas eu lieu. Le rapport a été pris au sérieux.
M. Moiseyev, à l’instar d’autres autorités de Voronej, des rédacteurs de l’agence TASS et de nombreux lecteurs, a pris ce rapport au sérieux, le considérant comme un phénomène scientifique majeur. « Aucun renfort n’est affecté à la patrouille de la zone, car le service manque d’effectifs », a déclaré l’officier de permanence du ministère de l’Intérieur local, qui a souhaité rester anonyme et n’a donné que son nom de famille, Larin. Il a toutefois précisé que des troupes seraient déployées « si les faits se reproduisent ».
Le correspondant de Tass couvrant l’affaire des mystérieux visiteurs de Voronej, Vladimir V. Lebedev, semblait insulté que quiconque puisse traiter cette histoire autrement qu’avec le sérieux total que lui accordait l’agence.
Lors d’un entretien téléphonique, M. Lebedev a décrit ses conversations avec des dizaines de témoins et des experts ayant examiné les preuves et interrogé les enfants. Il a indiqué qu’il y avait eu environ trois atterrissages de l’OVNI entre le 23 et le 29 septembre.
Dernièrement, et non encore relayé par l’agence TASS, M. Lebedev a déclaré que Genrikh M. Silanov, directeur du Laboratoire géophysique de Voronej, avait demandé aujourd’hui aux enfants de dessiner ce qu’ils avaient vu. Des dessins similaires auraient été réalisés.
Bien qu’isolés les uns des autres, a-t-il déclaré, les enfants ont tous dessiné un objet en forme de banane qui a laissé dans le ciel la trace de la lettre X. De telles descriptions, a précisé M. Silanov, étaient considérées comme typiques des OVNI dans un article de 1976 du magazine américain Saga, aujourd’hui disparu. M. Silanov a indiqué aujourd’hui qu’une roche qui aurait été trouvée sur le site et décrite comme n’étant pas d’origine terrestre était en réalité une forme d’hématite, que l’on trouve dans diverses régions de l’Union soviétique.
Bien qu’il n’ait pas été témoin des faits, M. Lebedev a déclaré s’être rendu sur place. « Les traces étaient encore visibles », a-t-il affirmé. « Je pouvais distinguer des trous de forme nette qui ressemblaient à des empreintes d’éléphant. »
Il a indiqué que ses reportages depuis Voronej se poursuivraient.
Laisser un commentaire