Le 12 juin 2026, le département de la Guerre américain (Department of War) a mis en ligne la troisième tranche de fichiers déclassifiés relatifs aux phénomènes anormaux non identifiés (UAP), dans le cadre du programme Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters (PURSUE). Cette publication, qui intervient trois semaines après la deuxième vague de documents, constitue une étape supplémentaire dans l’initiative de transparence historique lancée par l’administration Trump. Le site WAR.GOV/UFO, qui héberge l’ensemble des archives, a enregistré plus de 1,7 milliard de visites dans le monde depuis son lancement le 8 mai 2026, témoignant de l’engouement planétaire suscité par ces révélations.

Le programme PURSUE : un effort de transparence sans précédent

Lancé par décret présidentiel, le programme PURSUE est présenté par ses promoteurs comme l’initiative de déclassification la plus ambitieuse de l’histoire américaine. Il repose sur une collaboration interagence associant la Maison-Blanche, le Bureau du directeur du renseignement national (ODNI), le département de l’Énergie, le bureau AARO (All-domain Anomaly Resolution Office), la NASA, le FBI et d’autres composantes des services de renseignement américains.

Le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth a déclaré que ces fichiers, « longtemps cachés derrière des classifications, ont alimenté des spéculations légitimes — et il est temps que le peuple américain les voie par lui-même ». La directrice du renseignement national Tulsi Gabbard a abondé dans ce sens, soulignant l’engagement de l’administration à offrir une « transparence maximale » au public.

 Contenu de la troisième version : chiffres et nature des documents

La troisième version, baptisée Release 03, comprend au total 72 fichiers répartis comme suit :

  • 53 documents
  • 10 images ou rendus numériques
  • 6 vidéos
  • 3 enregistrements audio de la NASA

Ces documents proviennent de multiples agences fédérales : la CIA, le FBI, la NASA, le département de la Défense et d’autres services non spécifiés. Ils couvrent une période allant de 1949 à 2025, offrant un panorama diachronique des signalements et des investigations menées par le gouvernement américain.

Contrairement aux versions précédentes qui étaient dominées par des images militaires, cette troisième tranche propose quatre vidéos amateur collectées par le FBI, accompagnées d’interviews des témoins. Ces enregistrements illustrent cinq incidents distincts survenus au cours des trois dernières années, tous sur le territoire américain.

1. L’observation du Nord-Est (juillet 2025)

La vidéo intitulée « Northeastern Orb Sighting » montre deux lumières brillantes se déplaçant dans le ciel. Selon la description du FBI, « les témoins ont décrit le mouvement des orbes comme silencieux et fluide, se déplaçant en tandem comme s’ils volaient en formation ou étaient attachés ensemble ».

2. Les orbes au-dessus de l’étang (octobre 2024)

Le second film, « Orbs Over the Pond », présente une observation située à moins de 40 kilomètres du lieu du premier incident. La description officielle évoque « une source lumineuse en dessous de l’horizon, planant au-dessus d’un étang à une distance estimée de 820 mètres ». L’objet, qualifié de « sphère semblable à un plasma », changeait intermittemment de forme et de luminosité, et la source primaire semblait parfois se diviser en points lumineux plus petits. L’objet est resté stationnaire pendant environ 45 minutes avant de disparaître.

3. L’incident d’octobre 2023

Plusieurs agents fédéraux ont rapporté avoir observé des orbes étranges près d’un site sensible de sécurité nationale dans l’ouest des États-Unis, sur une période de deux jours. Un agent a raconté que son collègue lui avait demandé : « Tu vois ça ? » alors qu’un orbe lumineux éclairait le ciel.

4. Le rendu artistique de Colorado Springs (2022)

Un rapport de l’armée de terre décrit un objet stationnaire en forme de pomme de terre au-dessus de la montagne Cheyenne, près de Colorado Springs, présentant une apparence translucide et chatoyante avec une structure de panneaux irréguliers. L’analyse gouvernementale a évalué avec une « faible confiance » l’hypothèse selon laquelle la rétrodiffusion de la lumière du soleil sur la neige des montagnes, éclairant des nuages bas, pourrait expliquer l’observation. L’affaire reste non résolue.

5 – Un document sur un cas au Zimbabwe

Les documents comprennent également un rapport de la CIA datant de juillet 2008  faisant état d’une observation d’un objet volant non identifié au-dessus de l’aéroport international d’Harare, au Zimbabwe. Ce rapport a été transmis à la salle de crise de la Maison-Blanche et à la communauté du renseignement. Les personnes informées de l’incident ignoraient si l’objet en vol stationnaire, qui semblait émettre des « rayons », était un appareil de reconnaissance d’un gouvernement étranger ou d’origine extraterrestre.

D’après les témoins, « l’objet avait la forme d’un disque creux en son centre et comportait une série de lumières rotatives sous sa structure ». Sa présence a déclenché une alerte maximale dans la région.

Les documents : entre déclassification historique et stratégie de « décrédibilisation »

Parmi les documents les plus significatifs figure le rapport du Scientific Advisory Panel on Unidentified Flying Objects, un comité d’experts convoqué par la CIA en 1952 et 1953. Ce panel avait conclu que les soucoupes volantes ne constituaient pas une menace physique, mais avait recommandé une politique officielle de « décrédibilisation » (debunking) afin de « dépouiller le sujet des OVNI de son mystère ». Les experts mettaient en garde contre une « psychologie nationale morbide » autour des OVNI, qui pourrait être exploitée par des adversaires.

Cette révélation met en lumière une tension fondamentale entre la posture historique de suppression et la politique actuelle de divulgation.

La troisième version inclut également plus de deux heures d’audio issues des missions Apollo. On y trouve notamment des extraits du débriefing de la mission Apollo 16 (1972), au cours duquel un intervenant fait une remarque désinvolte à propos d’une « base extraterrestre » (alien starbase) en discutant de données expérimentales.

Un autre extrait, daté de novembre 1962, capture l’astronaute Gordon Cooper répondant aux questions du journaliste Walter Cronkite sur les OVNI. Cooper déclare qu’« un grand nombre de personnes exceptionnellement qualifiées ont vu des objets » sans explication logique, et émet l’hypothèse de l’existence d’autres planètes dotées d’atmosphères similaires à la Terre, où « une forme de vie humaine » pourrait exister.

 Analyse et perspectives

Une approche empirique, sans conclusions définitives

Aucun des fichiers publiés ne tire de conclusion quant à la nature extraterrestre des phénomènes observés ou à une éventuelle menace pour la sécurité nationale. Le bureau AARO a estimé que certains signalements étaient compatibles avec certaines technologies militaires américaines, mais qu’aucun système ne « rend pleinement compte de toutes les caractéristiques rapportées du phénomène ».

Une déception pour les passionnés ?

Certains commentateurs ont exprimé leur déception face à ce troisième lot, évoquant une image de « pomme de terre dans le ciel ». Il n’en demeure pas moins que cette publication, par son ampleur et sa diversité, marque une avancée significative dans la transparence gouvernementale sur un sujet longtemps resté tabou.

Une dynamique de publication continue

Le département de la Guerre a confirmé que d’autres fichiers seront publiés de manière continue (on a rolling basis), les équipes travaillant activement sur la prochaine version. À ce jour, l’administration Trump a déclassifié 298 fichiers liés aux UAP, avec des documents remontant aux années 1940.

Conclusion

La troisième version des fichiers UAP publiée dans le cadre du programme PURSUE constitue un jalon important dans l’histoire de la transparence gouvernementale américaine. En mêlant documents historiques — comme le rapport de la CIA de 1953 recommandant la décrédibilisation — et témoignages contemporains — comme les vidéos d’orbes filmées par des témoins oculaires en 2024 et 2025 —, cette publication offre au public une matière brute à analyser, sans interprétation orientée. Si elle ne fournit pas de réponses définitives sur la nature des UAP, elle pose les bases d’un débat éclairé et participe à la démystification progressive d’un sujet longtemps confiné aux cercles spéculatifs. Comme l’a rappelé le secrétaire Pete Hegseth, il appartient désormais au peuple américain — et au monde — de se forger sa propre opinion.

Équipe rédactionnelle GEOS France MP

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