Par Fernanda Pires

SOURCE ET TRADUCTION DE   : https://mufon.com/2025/09/17/ufo-public-hearing-at-the-national-congress-of-brazil-by-fernanda-pires/

Le 16 septembre 2025, le Brésil vivra un moment historique. Pour la première fois, la Chambre des députés, à Brasília, ouvrira officiellement un débat public sur les phénomènes aériens non identifiés (PAN/OVNI).

Cette initiative est le fruit d’un partenariat entre le député Chico Alencar, la revue Revista UFO et la Commission brésilienne des ufologues (CBU). Elle témoigne non seulement d’un intérêt scientifique, mais aussi du devoir constitutionnel de transparence concernant les actes de l’administration publique et du respect du droit fondamental d’accès à l’information, tel qu’il est consacré par l’article 5, paragraphe XXXIII, de la Constitution fédérale.

Le Brésil possède un héritage unique dans ce domaine. La première enquête militaire du pays fut la Première Enquête Confidentielle sur les Objets Aériens Non Identifiés, menée par l’Armée de l’Air brésilienne en 1954, lors de la première vague importante d’observations d’OVNIs dans le pays. Par la suite, des documents officiels ont été publiés par le SIOANI, un organisme de l’Armée de l’Air actif entre 1969 et 1972, suivis de l’emblématique Opération Soucoupe dans l’État du Pará en 1977 et de la controversée affaire Varginha en 1996. De ce fait, le Brésil possède l’une des documentations les plus complètes au monde sur les phénomènes aériens anormaux. Cependant, une grande partie de ces informations est restée classifiée au nom de la sécurité nationale, empêchant ainsi un contrôle social complet et limitant les possibilités d’analyse scientifique.

En inscrivant ce sujet à l’ordre du jour du Congrès, le Brésil s’inscrit dans le mouvement international pour la transparence et la responsabilité, déjà observé dans des pays comme les États-Unis et au sein du Parlement européen. L’audition publique, fondée sur la loi n° 12.527/2011 (loi sur l’accès à l’information), vise à garantir la mise à disposition du public des documents civils et militaires relatifs aux PAN/OVNI, sauf en cas de secret légalement justifié. Cette initiative constitue ainsi l’application concrète des principes constitutionnels de légalité, de publicité et d’efficacité, imposant à l’État l’obligation de rendre compte des phénomènes susceptibles d’affecter la souveraineté nationale et la sécurité de l’espace aérien.

Parmi les experts invités figurent des figures de proue de l’ufologie brésilienne : Thiago Luiz Ticchetti, directeur du MUFON Brésil, rédacteur en chef de la Revista UFO, directeur des relations internationales de la CBU et membre de l’ICER et du CIFE ; Marco Antônio Petit, corédacteur de la Revista UFO et président de la CBU ; Fernando de Aragão Ramalho, vice-président de la Commission et fervent défenseur de la publication des archives officielles ; et Vitório Pacaccini, l’un des principaux enquêteurs de l’affaire Varginha et membre actif de la CICOANI depuis près de vingt ans. Cette diversité confère au débat un caractère multidisciplinaire et technique, garantissant que les discussions s’appuient non seulement sur des témoignages, mais aussi sur des preuves empiriques et une analyse critique.

Les difficultés sont manifestes. La classification des documents comme « ultra-secrets » ou « secrets », telle que prévue par la loi n° 12.527/2011, restreint encore la diffusion d’informations susceptibles de contribuer à la recherche scientifique. L’absence de protocoles officiels standardisés nuit à la crédibilité des documents et engendre des lacunes méthodologiques. Par ailleurs, la stigmatisation du milieu universitaire demeure un obstacle, et l’exploitation sensationnaliste du sujet compromet souvent sa rigueur scientifique et juridique.

Néanmoins, les conséquences potentielles de cette audition sont importantes. Elle devrait aboutir à la création d’une commission parlementaire permanente ou d’un groupe technique interinstitutionnel doté de pouvoirs normatifs pour superviser, analyser et diffuser les données en toute transparence. Une telle mesure consoliderait le contrôle parlementaire et social des informations d’intérêt public, tout en favorisant l’intégration entre les institutions civiles, les forces armées et le monde universitaire.

Sur le plan international, le Brésil rejoint une série d’initiatives similaires : les États-Unis ont tenu des auditions en 2022, 2023 et 2025 avec de fortes répercussions mondiales ; le Mexique a tenu une session en 2023, bien que critiquée pour ses lacunes méthodologiques ; le Parlement européen discute des normes de rapport ; le Canada a publié son rapport officiel sur le projet Sky Canada en 2025 ; et le Chili a maintenu la SEFAA (anciennement CEFAA), liée à l’aviation civile, depuis les années 1990.

L’audience de septembre 2025 doit être perçue comme un acte juridico-politique d’une importance capitale, car elle concrétise les principes de transparence, de souveraineté et d’intérêt public. Plus qu’une simple recherche de réponses définitives sur l’origine des PAN, elle réaffirme l’engagement de l’État brésilien envers la bonne foi administrative, la prévention des risques pour la sécurité collective et le droit inaliénable de la société à la vérité.

Si elle est menée avec sérieux, cette audience pourrait rester dans les mémoires non seulement comme une étape scientifique majeure, mais aussi comme la consolidation du premier pas juridique et institutionnel vers la divulgation au Brésil, établissant des fondements juridiques, politiques et académiques permettant d’aborder l’inconnu avec rigueur, transparence et responsabilité.

Conformément au règlement de la Chambre des députés, cette audition publique se déroulera à titre officiel, sera retransmise en direct à partir de 9h30 et constituera un acte solennel d’intérêt public.

Il s’agit d’un jalon juridique et historique pour l’ufologie brésilienne et mondiale, garantissant la publicité, la transparence et le principe constitutionnel de responsabilité devant la société.

Nous invitons chacun à suivre ce moment unique, qui renforce la responsabilité institutionnelle de l’État de promouvoir un débat scientifique, démocratique et juridique sur les phénomènes aériens non identifiés.

Fernanda Pires

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